Commerce extérieur : la France échappe à la tempête américaine

Après trois mois consécutifs d’amélioration, le déficit commercial de la France repart légèrement à la hausse en septembre, à 6,1 milliards d’euros, selon les douanes. Sur douze mois, la tendance reste cependant orientée à la baisse, le déficit reculant de 2,1 milliards d’euros.

Cette dégradation mensuelle est attribuée à la hausse des importations (+200 millions d’euros) et à une légère contraction des exportations (-100 millions d’euros). L’énergie reste le principal facteur de déséquilibre : « Le déficit énergétique de la France a atteint 3,9 milliards d’euros en septembre », précisent les douanes.

Mais sur le trimestre, la situation reste globalement favorable. D’après le bilan trimestriel du commerce extérieur, le solde FAB/FAB s’est amélioré de 4,5 milliards d’euros pour atteindre -17,4 milliards au troisième trimestre 2025. Cette embellie est « due à une hausse des exportations (+4,1 %) plus vive que celle des importations (+0,9 %) ».

Le moteur de cette amélioration reste l’aéronautique. « Les exportations aéronautiques sont en nette hausse et retrouvent leur niveau d’avant crise sanitaire », indiquent les douanes. Elles ont progressé de 24 % sur le trimestre et de 17 % vers les États-Unis sur les neuf premiers mois de l’année. Ce dynamisme a même contribué à la croissance du PIB, à hauteur de 0,9 point au troisième trimestre, selon l’étude.

Washington et Paris, entre tensions tarifaires et résilience

Les échanges franco-américains, en revanche, se trouvent au cœur d’un contexte commercial tendu. Depuis le printemps, l’administration Trump a instauré une série de droits de douane additionnels frappant les importations européennes : 25 % sur l’acier et l’aluminium, 15 % sur l’automobile, 10 % sur l’ensemble des produits européens, avant un accord de plafonnement conclu en août.

Ces mesures n’ont pas empêché la France de tirer son épingle du jeu. Comme le soulignent les douanes, « les exportations de la France vers les États-Unis semblent mieux résister aux effets des droits de douane que celles de ses partenaires européens ».

Sur les trois premiers trimestres de 2025, les exportations françaises vers les États-Unis ont progressé de 2 % sur un an, un résultat « tributaire du dynamisme des exportations aéronautiques ». Sans ce secteur, rappellent les douanes, « les exportations totales de la France diminuent de 2 % ».

Les produits de luxe et les boissons, eux, souffrent davantage : les exportations de vins, champagne et cognac ont chuté de 12 % sur un an, tandis que celles des parfums et cosmétiques ont reculé de 17 %.

Effets de change et réorientation mondiale des flux

La résistance française face aux tarifs américains s’explique aussi par des facteurs extérieurs. L’étude relève qu’« un effet collatéral très important des annonces de mesures tarifaires du président Trump a été la dépréciation très significative du dollar », qui a perdu plus de 13 % face à l’euro entre janvier et septembre. Cette baisse a atténué le renchérissement lié aux droits de douane pour les importateurs américains.

Enfin, la guerre commerciale entre Washington et Pékin redessine les circuits mondiaux d’échanges : la Chine a réduit de 26 % ses exportations vers les États-Unis, réorientant une partie de ses flux vers l’Europe et l’Asie du Sud-Est. Selon les douanes, « la Chine semble avoir réorienté une partie de ses exportations destinées aux États-Unis vers le reste du monde ».

Source La Tribune

Read Previous

Nicolas Sarkozy en prison : le parquet général requiert sa mise en liberté sous contrôle judiciaire

Read Next

G20 2026: L’Afrique du Sud estime la décision de Trump « punitive »

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Most Popular