C’est un sujet source qui comporte un potentiel de tensions maximal entre Washington et Pékin, où Donald Trump a été reçu à la mi-mai, après des années de forte dégradation des relations sino-américaines. Les ventes d’armes états-uniennes à Taiwan, que la Chine considère comme son territoire, sont suspendues, a annoncé jeudi 21 mai le secrétaire par intérim à la Marine américaine, Hung Cao. Interrogé lors d’une audition parlementaire sur une acquisition, actuellement bloquée, de 14 milliards de dollars à destination de Taiwan, le ministre a mis en avant les besoins en munitions liées à la guerre au Moyen-Orient.
«Pour l’instant, nous faisons une pause afin de nous assurer que nous avons les munitions dont nous avons besoin pour l’opération Epic Fury» lancée le 28 février contre l’Iran, s’est justifié Hung Cao. Il a assuré que les stocks américains en matière d’armement étaient «suffisants», ajoutant : «Nous voulons simplement nous assurer que nous avons tout ce qu’il nous faut, puis les ventes militaires à l’étranger reprendront lorsque l’administration le jugera nécessaire».
«Un très bon atout de négociation» avec la Chine
En vertu du Taiwan Relations Act, une loi adoptée par le Congrès américain en 1979, à la suite de la reconnaissance de la République Populaire de Chine par les Etats-Unis, Washington est tenu de fournir des armes défensives à Taiwan, à condition que l’île ne déclare pas son indépendance. Fin 2025, le gouvernement américain a approuvé la deuxième vente d’armes à Taiwan depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, pour une valeur de 11,1 milliards de dollars. Mais le président réserve sa réponse concernant la suite des livraisons souhaitées par Taipei.
Après sa visite à Pékin la semaine dernière, Donald Trump avait déclaré que leur poursuite «dépendait de la Chine» et constituait «un très bon atout de négociation». Cette dernière considère Taiwan comme l’une de ses provinces, qu’elle n’a pas réussi à unifier avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949. Elle plaide pour une solution pacifique tout en se réservant la possibilité de recourir à la force.
Mercredi, Donald Trump a assuré qu’il parlerait au dirigeant taïwanais Lai Ching-te au sujet notamment des ventes d’armes, une conversation qui romprait avec quatre décennies de protocole diplomatique et que Pékin a dénoncée par avance. De son côté, la porte-parole de la présidence taïwanaise, Karen Kuo, a déclaré vendredi pour sa part qu’il n’y avait «aucune information indiquant que les Etats-Unis aient l’intention d’apporter des ajustements à cette vente d’armes».
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