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Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a mis fin aux fonctions de son premier ministre Ousmane Sonko après plusieurs mois de tensions entre les deux hommes. Le pays entre dans une nouvelle phase de turbulences politiques tandis que la situation économique continue de se dégrader.
Par Pierre Favennec
Publié le 23 mai 2026 à 14:25
Le duo présidentiel qui avait conquis le pouvoir dans la liesse il y a un peu plus de deux ans n’est plus. Dans la soirée de vendredi, le secrétaire général de la présidence du Sénégal a annoncé à la télévision que le chef de l’Etat Bassirou Diomaye Faye avait « mis fin aux fonctions » de son mentor, binôme politique et Premier ministre Ousmane Sonko.
Le désormais ex-chef du gouvernement a immédiatement répliqué sur son compte Facebook qu’il « dormirait le coeur léger » tandis que sur les réseaux sociaux, des vidéos montraient des soutiens crier son nom autour de son domicile dans le quartier de Keur Gorgui à Dakar. Signe de l’influence politique d’Ousmane Sonko, qui reste président du Pastef et bénéficie toujours d’un large soutien populaire.
Tensions et désaccords
Les tensions et les désaccords s’accumulaient entre les deux hommes ces derniers mois et la question n’était plus de savoir « si » mais « quand » le divorce politique serait consommé. Récemment, le président Bassirou Diomaye Faye et son premier ministre n’hésitaient plus à se contredire publiquement, notamment autour de la question de l’aide du FMI.
L’Etat sénégalais est en effet toujours en attente d’un décaissement de l’institution de Bretton Woods depuis que cette dernière a suspendu ses aides après la révélation de la « dette cachée » du pays qui s’élèverait à plus de 132 % du PIB en 2026. Une situation aggravée par la guerre en Iran et la hausse des prix de l’énergie.
Ligne dure contre apaisement
Face au FMI, le volcanique Ousmane Sonko était partisan de la ligne dure et refusait catégoriquement une restructuration de la dette du pays, qui aurait selon lui envoyé un mauvais signal aux partenaires internationaux du Sénégal. Fidèle à son programme souverainiste, le chef du gouvernement estimait que le pays était tout à fait en mesure de rembourser sa dette via un programme de rationalisation des dépenses et des recettes budgétaires.
