France: Gabriel Attal veut réduire l’immigration et privilégier « l’immigration de travail »

Candidat déclaré à l’élection présidentielle, Gabriel Attal a dévoilé les grandes lignes de son projet migratoire, mardi sur France Inter. Le président du parti Renaissance affirme vouloir réduire le nombre d’entrées sur le territoire français tout en réorientant la politique migratoire vers les besoins économiques et le marché du travail.

« Il faut que la France accueille moins pour accueillir mieux », a déclaré l’ancien Premier ministre, estimant que le système actuel devait être profondément réorganisé afin de répondre à la fois aux attentes des Français et aux besoins des entreprises confrontées à des pénuries de main-d’œuvre.

« La préférence travail » au cœur de son projet

Au centre des propositions de Gabriel Attal figure ce qu’il appelle une « préférence travail ». Le candidat souhaite faire de l’immigration économique la priorité de la politique migratoire française, avec un modèle davantage inspiré des systèmes de sélection pratiqués dans certains pays anglo-saxons.

« L’immigration économique doit devenir la priorité de notre politique migratoire », a-t-il insisté.

L’objectif affiché est de favoriser l’accueil de travailleurs qualifiés dans les secteurs en tension — santé, bâtiment, restauration, numérique ou encore industrie — tout en limitant les autres formes d’immigration jugées moins compatibles avec les capacités d’intégration du pays.

Selon son entourage, cette orientation viserait également à répondre aux difficultés de recrutement rencontrées par de nombreuses entreprises françaises, tout en renforçant les exigences d’intégration et de participation au marché du travail.

Un durcissement du regroupement familial

Gabriel Attal souhaite parallèlement durcir les conditions du regroupement familial, dispositif permettant à un étranger résidant légalement en France de faire venir son conjoint et ses enfants sous certaines conditions.

Actuellement, le regroupement familial est accessible après 18 mois de résidence régulière en France — une durée qui peut être ramenée à 12 mois dans certains cas. Le candidat de Renaissance propose d’allonger ce délai et de renforcer les critères exigés.

« Nous devons augmenter la durée de résidence requise en France pour pouvoir faire venir son conjoint », a-t-il expliqué.

Le projet pourrait également inclure des conditions plus strictes concernant les revenus, le logement ou encore la maîtrise de la langue française, même si aucun détail précis n’a encore été présenté.

Cette proposition s’inscrit dans une volonté plus large de « mieux maîtriser les flux migratoires » et de conditionner davantage l’installation durable en France à des critères d’intégration.

Une stratégie de fermeté au centre du débat présidentiel

Avec ces annonces, Gabriel Attal cherche à occuper une ligne de fermeté sur les questions migratoires, thème devenu central dans la campagne présidentielle à venir. Le candidat tente ainsi de répondre à la montée des préoccupations autour de l’immigration, de la sécurité et de l’intégration, tout en conservant une approche pro-européenne et favorable à l’immigration professionnelle.

Cette stratégie pourrait cependant susciter des critiques, aussi bien à gauche qu’au sein des associations de défense des étrangers, qui dénoncent régulièrement les restrictions du regroupement familial et craignent une remise en cause du droit à la vie familiale.

À droite et à l’extrême droite, plusieurs responsables politiques estiment au contraire que ces propositions restent insuffisantes face à l’ampleur des défis migratoires.

Une candidature désormais lancée

En officialisant sa candidature vendredi dernier, Gabriel Attal entend incarner une nouvelle génération politique au sein du camp présidentiel. À 37 ans, l’ancien chef du gouvernement veut imposer un discours mêlant autorité, réformes économiques et modernisation de l’État.

L’immigration apparaît déjà comme l’un des marqueurs majeurs de sa campagne, aux côtés des questions de travail, de sécurité et de compétitivité économique.

Dans les prochaines semaines, le candidat devrait détailler davantage ses propositions sur les quotas migratoires, les conditions d’accès à la nationalité française et la réforme du droit d’asile.

Source correspondant Marc Danon

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