Abidjan – La Côte d’Ivoire renforce son engagement dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Le ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, a procédé, le mercredi 12 août 2026 à Cocody-Deux Plateaux, à l’ouverture officielle du nouveau siège du Centre d’information du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA).
La mise à disposition de cette infrastructure par le Gouvernement ivoirien traduit la volonté des autorités de consolider la coopération régionale dans la lutte contre la criminalité financière et de renforcer les capacités des États membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
Le nouveau Centre d’information du GIABA est notamment destiné à servir de plateforme de référence pour les pays francophones et lusophones de l’espace communautaire. Il devra favoriser la diffusion des connaissances, la formation des acteurs, la recherche, le partage d’expériences ainsi que la circulation d’informations stratégiques sur les nouvelles formes de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme.
Faire face à une criminalité financière de plus en plus sophistiquée
Dans son intervention, le ministre Adama Coulibaly a insisté sur la nécessité pour les États de renforcer leur coopération face à l’évolution rapide des techniques utilisées par les réseaux criminels.
La digitalisation des transactions financières, le développement des paiements électroniques, les transferts transfrontaliers de capitaux et l’utilisation de mécanismes financiers de plus en plus complexes constituent autant de défis pour les institutions chargées de la surveillance et de la régulation des systèmes financiers.
Face à ces mutations, le ministre a mis en avant quatre leviers essentiels : la coopération régionale, la formation continue, le partage d’informations et la recherche.
L’objectif est notamment de permettre aux administrations publiques, aux cellules nationales de renseignement financier, aux banques, aux institutions financières, aux services de sécurité et aux autorités judiciaires d’améliorer leur capacité à identifier les flux financiers suspects et à anticiper les nouvelles méthodes utilisées par les organisations criminelles.
Un outil régional de formation et de partage d’expertise
Au-delà de sa dimension institutionnelle, le nouveau Centre d’information ambitionne de devenir un véritable pôle régional de connaissances et d’expertise.
Il devrait accueillir des sessions de formation, des conférences, des ateliers techniques et des programmes de renforcement des capacités à destination des professionnels impliqués dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Le Centre permettra également de faciliter les échanges entre experts des différents pays de la CEDEAO et d’encourager la production de travaux de recherche consacrés à la criminalité économique et financière.
Cette approche apparaît d’autant plus importante que les circuits financiers illicites dépassent largement les frontières nationales. Les réponses apportées nécessitent donc une coopération constante entre États, institutions financières, organismes de contrôle et partenaires internationaux.
La Côte d’Ivoire met en avant ses progrès dans le processus du GAFI
À l’occasion de cette cérémonie, Adama Coulibaly a également évoqué les efforts accomplis par la Côte d’Ivoire dans le cadre du processus d’évaluation conduit par le Groupe d’action financière (GAFI).
Le ministre a notamment rappelé l’achèvement par le pays de son plan d’action visant à renforcer son dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Ces avancées constituent une étape déterminante dans le processus devant conduire à une nouvelle appréciation du dispositif ivoirien.
Une visite sur place est ainsi attendue afin de permettre aux évaluateurs de constater la mise en œuvre effective des réformes et des mesures adoptées.
Cette étape pourrait ouvrir la voie à la sortie de la Côte d’Ivoire de la liste grise du GAFI, qui regroupe les juridictions soumises à une surveillance renforcée en raison de défaillances stratégiques identifiées dans leurs mécanismes de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Une sortie de cette liste constituerait un signal particulièrement important pour l’économie ivoirienne et renforcerait la confiance des partenaires économiques, des institutions financières et des investisseurs internationaux.
Préserver la crédibilité du système financier ivoirien
Pour les autorités ivoiriennes, la lutte contre les flux financiers illicites dépasse le seul cadre sécuritaire. Elle représente également un enjeu économique majeur.
Le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme peuvent affaiblir les institutions, détourner des ressources destinées au développement, favoriser la corruption et détériorer l’image d’une économie auprès des investisseurs internationaux.
Le renforcement des mécanismes de surveillance financière contribue ainsi à préserver la stabilité du système bancaire et financier et à améliorer le climat des affaires.
En accueillant le nouveau siège du Centre d’information du GIABA, Abidjan confirme également sa volonté de jouer un rôle moteur dans la coopération économique et financière ouest-africaine.
Une coopération régionale indispensable
Créé pour accompagner les États de l’Afrique de l’Ouest dans la prévention et la répression du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme, le GIABA joue un rôle central dans l’harmonisation des dispositifs nationaux et dans l’application des normes internationales en matière de lutte contre la criminalité financière.
Son action repose notamment sur l’évaluation des dispositifs nationaux, l’assistance technique, la formation des acteurs concernés et la promotion d’une coopération renforcée entre les pays membres.
Le nouveau Centre d’information installé à Cocody-Deux Plateaux devrait donc contribuer à rapprocher davantage l’expertise du GIABA des administrations et institutions de la sous-région.
Il constitue également un espace supplémentaire de dialogue entre les pays francophones et lusophones de la CEDEAO, confrontés à des défis similaires en matière de criminalité économique, de financement illicite et de sécurisation des systèmes financiers.
Abidjan veut devenir un pôle régional de référence
Avec cette nouvelle infrastructure, la Côte d’Ivoire renforce son positionnement comme plateforme régionale dans les domaines économique, financier et institutionnel.
L’ouverture du Centre d’information du GIABA intervient dans un contexte où la lutte contre les flux financiers illicites est devenue un enjeu majeur pour la stabilité et le développement des économies africaines.
En offrant un espace consacré à la formation, à la recherche, à l’information et à la coopération internationale, le Gouvernement ivoirien entend contribuer à l’émergence d’une réponse régionale mieux coordonnée.
La cérémonie du 12 août 2026 marque ainsi une nouvelle étape dans l’engagement de la Côte d’Ivoire et du GIABA en faveur d’un système financier ouest-africain plus transparent, plus sécurisé et mieux armé face aux nouvelles formes de criminalité financière.
Source Ministère de l’économie avec notre reporter à Abidjan Dam JB
