A la COP de Glasgow, la CEA lance un mécanisme de liquidité et de viabilité de 30 milliards de dollars

Climate activists, Vanessa Nakate, of Uganda, land Greta Thunberg, of Sweden, background center, gather with demonstrators during a Fridays for Future protest in Milan, Italy, Friday, Oct. 1, 2021. (Claudio Furlan/LaPresse Via AP)

La Commission Économique pour l’Afrique des Nations Unies annonce à la COP 26 le lancement d’un Mécanisme de Liquidité et de Viabilité pouvant atteindre 30 milliards de dollars américains afin de soutenir la liquidité des obligations souveraines Africaines en euros et la soutenabilité de la dette.

Ce Mécanisme de Liquidité et de Viabilité (MLV) permet d’offrir aux gouvernements africains de bénéficier d’une structure de liquidité de même qualité que les standards internationaux afin de répondre aux besoins spécifiques du Continent en termes d’émissions souveraines sur le marché des obligations en euro.

Le MLV a aussi pour objectif de proposer aux investisseurs privés internationaux souhaitant investir en Afrique un environnement robuste et des
opportunités d’investissement diversifiées en particulier dans le domaine des Objectifs de Développement Durable (ODD). Ces objectifs seront atteints par la mise en œuvre d’un marché de pension livrée avec le MLV utilisant des émissions souveraines comme collatéral.

Le MLV sera structuré par Citi et accompagné par les cabinets d’avocats
& Case LLP et Matheson ainsi que par le cabinet de conseil Eighteen East Capital. Une première transaction, qui devrait être annoncée au premier trimestre 2022 pour un montant de 200 millions de dollars américains est en cours et a d’ores et déjà reçu l’intérêt de grands gestionnaires d’actif internationaux tels qu’Amundi. Cette transaction sera financée par Afreximbank.

Le MLV a aussi pour ambition de favoriser les investissements durables tels que les
obligations souveraines vertes et ODD. Lancé dans le contexte de la COP 26, le MLV va ainsi permettre d’augmenter la liquidité des obligations souveraines ODD et de celles liées à des enjeux climatiques émises par les pays africains, ce qui pourra accroître de façon majeure le volume des émissions bleues et vertes et à des taux plus abordables. La part des obligations durables émises en Afrique et au Moyen-Orient représente aujourd’hui seulement 1% du montant global, ce qui donne à penser qu’il y a un vaste potentiel de croissance et de nombreuses opportunités d’investissement à développer pour les investisseurs ODD.
« Plus que jamais, l’Afrique a aujourd’hui besoin de liquidité afin de financer son rétablissement économique et d’investir pour un environnement durable » a
commenté Vera Songwe Secrétaire Générale Adjointe de l’ONU et Secrétaire Exécutive de la Commission Économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA). « Le Mécanisme de Liquidité et de Viabilité est lancé aujourd’hui lors de la COP 26 dans le but de créer rapidement un impact positif et concret à grande échelle grâce à une nouvelle classe d’actifs qui va permettre de mobiliser le capital privé de manière efficace et de soutenir le développement économique de l’Afrique.

Nous sommes très reconnaissants envers nos partenaires internationaux pour leur intérêt et soutien et souhaitons œuvrer de concert avec toutes les institutions mondiales et régionales clés afin de développer le MLV. Celui-ci devrait apporter plus de transparence aux marchés de dette africains et améliorer la soutenabilité de la dette. »
« Les gouvernements africains ont dû historiquement faire face à des coûts d’emprunt élevés » ont indiqué le Dr. Mohamed Maait, Ministre des Finances de l’Égypte et Ken Ofori- Atta, Ministre des Finances du Ghana, « alors que les pays développés bénéficiaient depuis longtemps de larges marchés de pension livrée pour leurs émissions souveraines, ce qui leur permettait de profiter de sources supplémentaires de financement de façon stable. Avec le Mécanisme de Liquidité et de Viabilité, notre but est ainsi d’offrir aux états africains et aux investisseurs privés le même type d’environnement favorable à la liquidité. »

« Il est crucial d’avoir une approche différenciée, et des mécanismes de soutien pour permettre aux pays avec une dette soutenable et ayant accès au marché international des capitaux, comme la Côte d’Ivoire, de mobiliser des ressources longues à des taux d’intérêt plus bas » a indiqué Alassane Ouattara, Président de la République de Côte d’Ivoire. «Toutes les initiatives, notamment le Mécanisme de Liquidité et de Viabilité, et un recours plus accru aux ressources des fonds de pension doivent être considérés. »
Le MLV devrait permettre d’abaisser les coûts d’emprunt des nations africaines en transformant leurs obligations souveraines en actifs liquides et en améliorant la soutenabilité de leur dette. Grâce à ce mécanisme, l’Afrique pourrait ainsi économiser un montant estimé à onze milliards de dollars américains sur les cinq prochaines années.
Suite à sa première transaction financée par Afreximbank, le MLV devrait lever 3 milliards de dollars américains en requérant le prêt de droits de tirage spéciaux (DTS*) de la part des pays développés suite à la récente allocation par le FMI de l’équivalent de 650 milliards de dollars américains le 23 Aout 2021.

Le MLV a vocation à opérer selon les normes les plus élevées en matière de gouvernance et de transparence. Les obligations éligibles ́que le Mécanisme acceptera comme garantie seront revues régulièrement et la priorité sera donnée aux pays ayant de bons antécédents en matière de réforme des politiques publiques et une gouvernance solide. Le Mécanisme aura recours à la documentation standard relative aux pensions livrées. Le MLV sera supervisé par un Conseil dont les membres seront annoncés prochainement.

Par BILE CHARLES envoyé spécial à GLASGOW

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