Au Bénin, l’indice du bonheur est calé sur le taux de croissance

La dernière édition annuelle du World Hapiness Report fait apparaître un bond du Bénin dans le classement mondial. Il est  le pays ayant connu la plus forte croissance de l’indice de bonheur entre 2017 et aujourd’hui, soit depuis le début du mandat présidentiel de Patrice Talon.


Classé au 86e rang mondial, et figurant dans le top 10 africain, le Bénin a fait en quelques années seulement un bond du bas vers le milieu du classement. La comparaison de l’évolution de l’indice du bonheur entre les périodes 2008/2012 et 2017/2019 fait apparaitre le pays comme celui ayant connu la progression la plus importante au monde. Dès lors, difficile de ne pas voir de corrélation entre l’amélioration du rapport à leur propre existence des Béninois et le mandat de Patrice Talon. Arrivé au pouvoir en 2016, ce dernier s’est forgé une réputation de grand réformateur civil et a toujours appréhendé la gestion du pays en « bon père de famille ». Une approche dont les préalables sont la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption et la promotion de la méritocratie.

Grâce à un train de réforme rapide et volontaire, Patrice Talon est parvenu à améliorer les conditions de vie de ses citoyens tout en contribuant à restructurer l’économie via l’agriculture ou la création d’emplois dans de grands projets d’infrastructures.

Meilleure gouvernance

Considéré comme trop autoritaire par ses adversaires et comme un visionnaire pragmatique par ses partisans, reste que le bilan positif de son mandat, qui peut être divisé en trois phases successives – amélioration de la gouvernance, construction d’infrastructures puis affirmation d’une politique sociale réaliste – fait consensus.

En 2016, le pays était classé au 95e rang en termes de perception de la corruption. Trois ans plus tard, il s’était hissé à la 80e place, ex-aequo avec le Maroc (par comparaison, l’Italie, puissance du G7, arrive en 50e position, NDLR). Les retombées concrètes de ce classement se traduisent dans la vie quotidienne par un moindre absentéisme des fonctionnaires, la chasse aux petites escroqueries et arrangements dans les institutions, une surveillance plus étroite des pratiques policières, la lutte contre la falsification des diplômes etc. En d’autres termes, par une meilleure gouvernance et plus grande transparence de l’action publique, ce qui s’en ressent naturellement sur la perception qu’ont les Béninois de leur environnement.

Cercle vertueux

Par ruissellement, une bonne gouvernance civile facilite le déploiement des grand projets d’infrastructures qui eux-mêmes favorisent l’économie et la richesse nationale. C’est un cercle vertueux. L’économie du Bénin est relativement stable avec une croissance autour de 6 ou 7% depuis 2015, et cela sans manne pétrolière ou minérale. Le gouvernement s’est illustré par plusieurs projets majeurs comme la construction d’un réseau de chemin de fer (avec la Chine) et la rénovation du Port de Cotonou (stratégique dans le Golfe de Guinée). Des améliorations décisives pour la mobilité interne et l’attractivité du territoire pour les investisseurs.

Mais les améliorations les plus flagrantes pour la vie quotidienne et l’image du pays ont concerné le bitumage des artères urbaines et des routes dans les communes secondaires et les départements. Les coupures de courant ont aussi nettement diminué grâce a l’amélioration du réseau électrique et la construction d’une nouvelle centrale. Mais aussi la création de trottoirs, un meilleur traitement des déchets, ou encore la construction de centres de santé et de stades.

Au-delà du World Happiness Report, ces améliorations ont été saluées par de nombreux acteurs parapolitiques. C’est le cas de l’Eglise catholique du Bénin, via l’Observatoire chrétien catholique de la gouvernance (OCCG) qui a salué il y a quelques jours les efforts du gouvernement pour améliorer le cadre de vie des habitants. L’OCCG a notamment rappelé le bien-fondé du vieux projet présidentiel d’assurance pour le renforcement du capital humain (ARCH), qui ambitionne de doter le pays d’un panel d’aides sociales comprenant l’assurance maladie, la formation, le microcrédit, l’assurance retraite des artisans et des travailleurs du secteur informel. Accusé pendant plusieurs années comme illusoire, il est désormais entré dans sa phase active.

Par Albert Savana

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