Cacao : la Côte d’Ivoire et le Ghana accusent Hershey et Mars de soustraire à leurs engagements

Cocoa farmers break cocoa pods in a plantation near Guiglo, western Ivory Coast, on October 10, 2020. – Last week President of Ivory Coast Alassane Ouattara anounced an increase of the price of cocoa from from 825 to 1,000 CFA francs (from $1.48 to $1.79) a kilo ahead of the country’s October 31, 2020, presidential election. (Photo by Issouf SANOGO / AFP)

Les deux multinationales auraient refusé de payer la prime spéciale de 400 dollars pour les planteurs négociée l’an dernier et suspendu les programmes de certification de Hershey. Des allégations que Hershey et Mars nient catégoriquement.

La Côte d’Ivoire et le Ghana, les deux premiers producteurs mondiaux de cacao, ont accusé lundi les multinationales Hershey et Mars de refuser de payer la prime spéciale pour les planteurs négociée l’an dernier et suspendu les programmes de certification de Hershey, dans un courrier et un communiqué.

Le Conseil Café Cacao (CCC) de Côte d’Ivoire et le Ghana Cocoa Board (Cocobod), les organes de régulation des filières cacao de ces deux pays ouest-africains qui produisent ensemble les deux tiers du cacao mondial, reprochent à ces grandes compagnies chocolatières américaines d’acheter du cacao ou du beurre de cacao sans payer le différentiel de revenu décent (DRD). Il s’agit d’une prime de 400 dollars par tonne de cacao, en sus du prix du marché, destinée à mieux rémunérer les planteurs de cacao dont beaucoup vivent dans la misère.

L’achat par Hershey d’importantes quantités de cacao sur le marché boursier américain « indique clairement votre intention d’éviter de payer le Living differential income » (traduction en anglais du DRD), ont écrit le CCC et le Cocobod dans un courrier commun adressé à cette compagnie. Le CCC et le Cocobod « n’ont en conséquence pas d’autre choix que de suspendre tous les programmes de certification » de Hershey en Côte d’Ivoire et au Ghana.

Les programmes de certification des chocolatiers visent à garantir qu’ils achètent du cacao « durable » respectant des critères de production éthiques (n’entrainant pas de déforestation ou ne recourant pas au travail des enfants notamment). Ils sont un élément de communication et de marketing important en direction des consommateurs occidentaux.

« Il est évident que des compagnies comme Mars reviennent discrètement » sur leur promesse de paiement du DRD, affirment le CCC et le Cocobod dans un autre courrier adressé cette fois au Cocoa Merchants Associaton of America (le syndicat des industriels américains du cacao/chocolat), accusant plus précisément dans un communiqué séparé le producteur des célèbres barres chocolatées d’avoir modifié une large partie de ses approvisionnements en beurre de cacao pour éviter de verser la prime aux producteurs.

Alors que ces compagnies s’étaient engagées à payer le DRD négocié en 2019 entre les pays producteurs et les multinationales du cacao et du chocolat, le CCC et le Cocobod dénoncent « une rupture de confiance » et même « un complot » contre ce système mis en place pour mieux rémunérer « trois millions de planteurs ouest-africains ».

Hershey a jugé auprès de l’AFP « regrettable » le « communiqué mensonger » du CCC et du Cocobod, estimant qu’ils « compromettent des programmes essentiels qui bénéficient directement aux planteurs de cacao ».

Le groupe Mars Wrigley a « catégoriquement démenti ces allégations » et affirmé « soutenir » le DRD, ainsi qu’œuvrer par ses programmes de certification à « une nouvelle approche pour augmenter les revenus des planteurs de cacao », dans un communiqué.

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