Centrafrique-Tchad : la CEEAC parviendra-t-elle à désamorcer la bombe Bozizé ?

Un sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) pourrait se tenir d’ici décembre prochain, apprend-on auprès de cette institution régionale en vue de statuer sur la situation politique, économique et sécuritaire dans la région, avec au centre des débats, la crise sociopolitique en République centrafricaine.

Au-delà d’un langage diplomatique ampoulé, les relations entre la Centrafrique et le Tchad sont loin d’être au beau fixe. Des rapports tendus depuis plusieurs années, mais ravivées ces dernières semaines depuis que l’ex-chef de l’Etat centrafricain François Bozizé Yangouvonda, par ailleurs chef proclamé de la rébellion de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) a installé son quartier général à Ndjamena. Une présence dans la capitale tchadienne peu rassurante pour Bangui qui redoute des actes de déstabilisation en provenance du Tchad d’autant que les territoires des deux pays voisins qui partagent une longue frontière terrestre ont souvent servi de part et d’autre comme base arrière aux mouvements rebelles.

Selon nos informations, les autorités centrafricaines bien qu’officiellement informées par leurs homologues tchadiennes de la présence du général Bozizé sur leur territoire piaffent d’impatience de voir ce chef rebelle être très éloigné de la Centrafrique. Une pression exercée également sur le président angolais João Manuel Gonçalves Lourenço en sa qualité de  médiateur dans la crise centrafricaine pour le compte de la CEEAC et président en exercice de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) dont des sources concordantes affirment qu’il aurait pesé de tout son poids pour que le Comité militaire de transition (CMT) accepte d’accueillir François Bozizé à Ndjamena. En effet, « notre région n’a pas besoin qu’une autre crise éclate entre les pays de la région, raison pour laquelle il solution doit être rapidement trouvée pour éviter que la Centrafrique et le Tchad sombrent dans une crise », a confié une source proche du dossier.

L’arrivée de Bozizé au Tchad en juin dernier où une résidence lui a été aménagée ainsi que certains de ses lieutenants intervient suite à une contre-offensive menée par les Forces armées centrafricaines (FACA) appuyées par des militaires russes, où le chef rebelle aurait échappé in extremis d’être arrêté dans son fief de Bossangoua dans le Nord-ouest. Alors que certaines sources l’annonçaient pour blessé, il serait d’abord réfugié précipitamment à Moundou au Sud du Tchad, avant de poser ses valises à Ndjamena.

Suite à l’invalidation de sa candidature à l’élection présidentielle du 27 décembre 2020 par la Cour constitutionnelle, l’ancien président a pris la tête d’une demi-douzaine de factions armées. Le 13 janvier 2021, il a échoué de peu de renverser le président Faustin Archange Touadéra au cours d’une raide des rebelles sur Bangui. François Bozizé est arrivé  au pouvoir après le coup d’Etat du 15 mars 2003 contre le président démocratique élu Ange Félix Patassé dont il fut le chef d’Etat-major. Il est renversé à tour le 24 mars 2013 par la coalition rebelle de la Séléka avant de s’enfuir au Cameroun. Après y avoir passé quelque temps dans une villa cossue aménagée à cet effet par Yaoundé avec prise en charge due à son rang, les autorités camerounaises le contraindront à s’exiler à cause de sa propension à déstabiliser les institutions de son pays et se rendra en Ouganda.

Un passé fougueux et belliqueux qui inquiète Bangui et ne plaide pas pour sa présence au Tchad voisin.

Par ACHILLE MBOG PIBASSO

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