David Malpass (Banque Mondiale): « éviter une décennie perdue pour le développement »

En déplacement à Khartoum (Soudan), une première depuis quarante ans pour un président du Groupe de la Banque mondiale, David Malpass a qualifié de « période de bouleversements » l’époque actuelle, marquée par de fortes inégalités et des revirements dans les progrès jusque-là dans le développement mondial.

David Malpass a indiqué que la pandémie mondiale a eu des effets considérables en matière de pauvreté. « La crise de la COVID-19 a entraîné une nouvelle augmentation des taux de pauvreté après des décennies de baisse constante. Elle a fait basculer près de 100 millions de personnes dans l’extrême pauvreté, plusieurs centaines de millions d’autres dans la pauvreté, dont beaucoup dans les pays à revenu intermédiaire.

Concernant le Soudan, le président de la Banque Mondiale a salué les progrès réalisés. Le pays est allé de l’avant en adoptant des réformes audacieuses, en renouant avec la communauté internationale, en réglant ses arriérés auprès de la Banque mondiale avec l’aide d’un prêt-relais des États-Unis et en atteignant en juin le point de décision pour l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). « Bien qu’il reste beaucoup à faire, je félicite les autorités soudanaises, civiles et militaires, pour les efforts et les réalisations accomplis ensemble en vue d’un avenir meilleur. Il est essentiel d’éviter les dérapages politiques, car il n’y a pas de développement sans paix ni stabilité. Je voudrais également saluer la remarquable résilience du peuple soudanais : votre volonté de construire un Soudan meilleur malgré les défis est une réelle source d’inspiration ».

David Malpass a souligné que de nombreux pays en développement ont déployé des efforts extraordinaires pour soutenir leur population et maintenir l’activité économique pendant la pandémie. « Beaucoup sont allés au-delà de ce qu’ils pouvaient se permettre, d’autant plus que la dette dans les économies en développement atteignait des sommets lorsque la pandémie a frappé. » Lorsque l’initiative de suspension du service de la dette expirera à la fin de cette année, les pays à faible revenu qui recommenceront à payer le service de la dette verront leur marge de manœuvre budgétaire se réduire pour acheter des vaccins et financer d’autres dépenses prioritaires, a soutenu David Malpass. « Il est temps d’entreprendre un assainissement des finances publiques progressif et axé sur la population et de restructurer la dette insoutenable. Une mise en œuvre renforcée et accélérée du cadre commun du G20 sera essentielle à cet égard. »

David Malpass a appelé à une plus grande coopération mondiale, y compris la participation du secteur privé, pour alléger la dette des pays les plus pauvres du monde et financer des investissements favorisant la croissance.« Au Soudan, par exemple, une coopération mondiale incluant les États-Unis, la France et le Royaume-Uni a permis au pays d’apurer ses arriérés auprès de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international et d’autres institutions financières internationales, rendant possible un allégement de la dette de plus de 50 milliards de dollars dans le cadre de ce qui sera la plus grande initiative PPTE jamais lancée. »

Outre une meilleure gestion de la dette, David Malpass a déclaré que les pays doivent éliminer les dépenses publiques inutiles, rendre la prestation de services plus efficace et réaffecter les ressources publiques à leurs usages les plus productifs. « C’est également le moment de gérer la dette de manière proactive afin de reprofiler les paiements tant que les taux d’intérêt internationaux restent bas. Des mesures concrètes doivent être prises pour améliorer la transparence des accords de prêt, accroître la responsabilité financière et garantir que les décisions s’appuient sur des informations complètes. Les pays à faible revenu doivent donner la priorité aux financements concessionnels et éviter les financements à taux d’intérêt élevés qui sont devenus de plus en plus problématiques. Il sera essentiel d’adapter cet ordre du jour à chaque pays et de mesurer les progrès réalisés. »

Le président du Groupe de la Banque mondiale a relevé quatre domaines dans lesquels une action déterminée devrait faire la différence : atteindre la stabilité économique, tirer parti de la révolution numérique, rendre le développement plus vert et plus durable et investir dans les personnes.

Par la rédaction

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