DRD et durabilité du cacao : le secrétaire exécutif de « l’Initiative cacao Côte d’Ivoire Ghana » tance l’Union européenne

A la tête de l’initiative jusqu’à 2025, Alex Assanvo, le secrétaire exécutif de l’initiative cacao Côte d’Ivoire Ghana, déroule déjà sa machine avec l’idée que le cacao ne peut pas être un produit qui n’évolue que sous le thème de la pauvreté. Ce lundi 21 juin, à l’occasion de la première réunion du comité de pilotage tenu à Abidjan, l’ancien directeur pour la Côte d’Ivoire du groupe chocolatier Mondelez (anciennement Kraft Foods) a réaffirmé que le Différentiel de revenu décent (Drd) est un espoir… et ne mourra pas.

Pour Alex Assanvo, le cacao produit par la Côte d’Ivoire et le Ghana sera vendu avec le Drd. Une décision des Etats qui, selon lui, reste incontournable. « Que le marché ne l’accepte pas, c’est bien. On peut aller acheter les fèves ailleurs pour ceux qui veulent…Mais nous allons nous battre, parce que nous faisons des efforts pour que ce produit soit planté durablement. Nous n’allons pas accepter que d’autres pays autant africains qu’asiatiques ou d’ailleurs, vivent ce que la Côte d’Ivoire et le Ghana subissent ; une pression qui n’est pas connectée à un besoin… C’est un message adressé à l’Union européenne. Des gens ont quitté la Côte d’Ivoire et le Ghana pour aller acheter ailleurs. Mais ceux-ci ne peuvent pas nous dire quelles sont les mesures de durabilité ou la due diligence appliquée pour se tourner vers d’autres marchés. Quand on accuse la Côte d’Ivoire et le Ghana, il faut regarder le cacao dans sa généralité », s’insurge le secrétaire exécutif de l’initiative cacao Côte d’Ivoire Ghana. Allusion faite également aux multinationales qui ont, en réalité, réussi à faire plier les deux grands producteurs dans l’achat des fèves à moins de 400 dollars la tonne.

Les deux pays voisins d’Afrique de l’ouest qui réalisent 60% de la production mondiale, à travers l’initiative cacao Côte d’Ivoire Ghana, soutiennent que si aujourd’hui l’on parle de durabilité du cacao, c’est une volonté de tout le monde, pas seulement le consommateur. « Cette durabilité doit passer par un revenu décent aux planteurs ; c’est le seul moyen pour nous d’arriver à une attractivité du secteur cacao », disent-ils.

« Outil capital »

Selon Kobenan Kouassi Adjouani, le ministre ivoirien de l’Agriculture et développement durable qui a présidé cette première réunion du comité de pilotage, en présence de son homologue ghanéen Owusu Afriyie Akoto, le Drd est un outil capital pour l’harmonisation des conditions de vie de planteurs. Un « outil capital » dont le « respect strict » importe face au spectre qui pèse sur la filière cacaoyère.

Outre les ministres de l’Agriculture du Ghana et de la Côte d’Ivoire, la rencontre a également réuni le Conseil café cacao dirigé par Yves Brahima Koné et la Cocoa Bord du Ghana. La présidence, qui est l’organe suprême de cette nouvelle institution, sera dirigée par Dr Owosu Afriyie Akoto. La présidence est tournante, tandis que la direction générale est assurée par la Côte d’Ivoire et le Ghana abrite le siège.

Par Issouf Kamgaté

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