Economie : Rwanda, Côte d’Ivoire, Cap-Vert…ces pays qui devraient considérablement remonter la pente en 2021

Dans ses perspectives économiques pour 2021, la Banque mondiale table sur une croissance de 2,7% en Afrique subsaharienne, si la reprise continue d’être soutenue par l’investissement. Certains pays pourraient considérablement sortir la tête de l’eau après une année 2020 marquée par la crise.

L’activité économique en Afrique subsaharienne devrait progresser de 2,7% en 2021, après une contraction d’environ 3,7% en 2020, selon les projections de la Banque mondiale qui vient de publier ses perspectives économiques mondiales. « Alors que la reprise de la consommation privée et de l’investissement devrait être plus lente que prévu précédemment, la croissance des exportations devrait s’accélérer progressivement, en ligne avec le rebond de l’activité parmi principaux partenaires commerciaux. […] Les attentes d’une reprise lente en Afrique subsaharienne reflètent des flambées persistantes de COVID-19 dans plusieurs économies qui ont inhibé la reprise de l’activité économique », commentent les auteurs de l’étude.

Au cœur de cette reprise, certaines économies devraient considérablement remonter la pente. C’est le cas du Rwanda qui devrait passer de -0,2% de croissance en 2020 à 5,7% cette année, la Côte d’Ivoire (1,8% à 5,5%), le Kenya (-1% à 6,9%), le Botswana (-9% à 5,7%), le Bénin (2% à 5%) ou encore le Cap-Vert (-11% à 5,5%), selon le rapport.

Les exportateurs agricole, mieux lotis que les pétroliers

Très clairement, les performances économiques devraient rester en deçà des taux de 8%, 9% enregistrés avant la crise. Mais globalement, les experts de l’institution de Bretton Woods tablent sur une reprise plus aisée en raison de la hausse attendue des prix internationaux pour les pays exportateurs de produits agricoles qui ont déjà connu une contraction moins prononcée de leurs économies l’an dernier.

Les exportateurs de pétrole en revanche restent suspendus à une potentielle remontée des cours sur les marchés internationaux. Chez le premier producteur africain de pétrole, le Nigeria, à titre d’exemple, la Banque mondiale s’attend à une sortie du rouge (de -4,4% en 2020 à 1,1 en 2021). La reprise, estiment les experts, ne pourrait être aussi forte qu’attendue sans une réelle remontée des cours de l’or noir. Même constat en Angola, deuxième pétrolier du continent dont la croissance du PIB passerait de -4% à 0,9%.

La situation devrait être encore plus difficile pour les pétroliers d’Afrique centrale dont certains devraient restés en récession : Guinée Equatoriale (-9% à -2,8%), République du Congo (-8,9% à -2%). Le Gabon en revanche pourrait revenir au vert, avec une certaine fragilité (-2,4% à 1,9%).

Les économies touristiques en attente d’un nouveau boom des voyages

Les économies portées par le tourisme qui ont également été brutalement touchées par la crise devraient rebondir en fonction de la reprise des voyages internationaux. D’ailleurs comme l’indiquait l’économiste mauricien Eric Ng Ping Cheun dans un entretien avec La Tribune Afrique en pleine pandémie, il serait « impossible de relancer l’économie » de son pays sans une véritable libre-circulation des personnes. Et la deuxième vague de contamination sur le continent pousse les pays à multiplier les mesures restrictives, ce qui ne représente pas en soi de bonnes nouvelles pour les économies touristiques. Toutefois, l’accès au vaccin est considéré comme un facteur majeur d’accélération de la relance du tourisme et les experts de la Banque mondiale ont bon espoir que ces pays dont Maurice, les Seychelles, le Cap-Vert… qui ont connu des contractions de leur PIB jusqu’à -15%, puissent remonter la pente plus tard au cours de cette année.

Promouvoir l’investissement

Récemment, de nombreux experts des questions africaines s’accordent pour dire que le plus urgent concernant le continent africain est la mise à disposition d’un financement de qualité. La Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) est allée dans le même sens dans son dernier rapport, mettant un accent particulier les financements innovants au bénéficie des entreprises, car, on ne le dira jamais assez, le secteur privé reste le maillon fort de toute économie.

De même, la Banque mondiale estime que tout en déployant les vaccins, il va falloir davantage promouvoir l’investissement, débloquer les financements pour permettre aux économies de redémarrer dans un contexte d’incertitudes persistantes.

Par Ristel Tchounan

Challenges Radio

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