Elections au Maroc : le prochain gouvernement suivra-t-il la dynamique enclenchée cette dernière décennie ?

Pays le plus stable de la sous-région et une des premières puissances d’Afrique, le Maroc a réalisé en une décennie des performances économiques qui devraient servir de trajectoire pour le futur gouvernement qui sera issu des élections du 8 septembre.

C’est aujourd’hui à minuit que prend fin la campagne pour les élections générales (législatives, régionales et communales) auxquelles 18 millions de Marocains sont appelés ce 8 septembre à choisir leurs représentants.

Troisièmes élections – pour les législatives – depuis la vague des manifestations du « printemps arabe » qui avait abouti à une révision de la Constitution et à une redistribution des pouvoirs entre la monarchie et l’exécutif, ce rendez-vous est un tournant majeur pour le royaume puisqu’il permettra de consolider les acquis réalisés durant la dernière décennie.

Depuis la réforme constitutionnelle de 2011, le chef du gouvernement est en effet le chef du parti arrivé en tête des élections. Celui-ci dispose aujourd’hui d’une large marge de manœuvre, notamment le pouvoir de nomination de la grande majorité des responsables publics.

Sur le plan social, la réforme constitutionnelle a permis la consolidation de plusieurs acquis démocratiques, bien qu’il reste du chemin à parcourir. Parmi les avancées les plus notables figurent par exemple la reconnaissance des affluents hébraïques du Maroc ; la montée en puissance de l’arsenal de monitoring du respect des droits de l’homme avec la constitutionnalisation du Conseil national des droits de l’homme (CNDH) et sa régionalisation ; l’indépendance du parquet ; ou encore la mise en place de la culture de la reddition des comptes, sous l’impulsion du Roi, avec notamment le rôle central des institutions de contrôle que sont la Cour des comptes ou le Conseil de la concurrence.

Sur le volet économique, le Maroc fait figure de pôle de stabilité en Afrique du Nord et a connu une progression spectaculaire de son tissu industriel : avec quelque 700 000 véhicules produits par an, les exportations dans le secteur automobile, par exemple, ont dépassé – depuis 2017 – celle du phosphate et le Maroc.

Au niveau des infrastructures, le Maroc a mis en service en 2018 le premier TGV en Afrique. Reliant les deux métropoles économiques Tanger et Casablanca, le train à grande vitesse est déjà dans sa phase d’extension jusqu’à la ville d’Agadir au sud. Autre réalisation majeure, le port de Tanger Med, aujourd’hui le premier complexe industrialo-portuaire d’Afrique pour les containers. Le Maroc abrite également l’un des plus grands complexes solaires au monde (Station Noor dans la région de Ouarzazate) et déploie une politique énergétique ambitieuse (la part des énergies renouvelables représente aujourd’hui quelque 50% du mix énergétique).

Cinq principaux partis dans la course

Cinq grandes formations politiques (sur 31 partis et 6 815 candidats) devraient se partager les 395 sièges de députés (chambre basse) : le Parti justice et développement (PJD), parti islamiste modéré aux commandes de l’exécutif depuis 2011 ; le Parti authenticité et modernité (PAM), principal rival du PJD ; l’Istiqlal, Parti (historique) de l’Indépendance ; le Rassemblement national des Indépendants (RNI) ; et l’Union socialiste des forces populaires, dont le Premier secrétaire, le charismatique Abderrahman Youssoufi, avait dirigé « le gouvernement d’alternance » à la fin des années 1990.

A l’issue des scrutins et la formation du futur exécutif dans les prochaines semaines, les grands projets réalisés au pas de course au cours de cette décennie devraient profiter au gouvernement afin qu’il coche les bonnes cases dans la liste des priorités pour la relance économique et le développement du royaume.

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