Présidentielle au Niger : La sécurité prend une place prépondérante dans le programme des protagonistes

De notre envoyé spécial à Niamey, Issouf Kamagaté

Le Niger est en proie à des attaques sporadiques de groupes armés ces dernières années. La récente attaque date du 2 janvier 2021, jour de la proclamation des résultats du premier tour de l’élection présidentielle. Les villages de Tchombangou et Zaroumdareye (région de Tilaberi) connaissaient le plus grand nombre de personnes tuées (exécution sommaire et en masse). Cette attaque meurtrière qui a indigné plus d’un a suscité des inquiétudes sur la tenue du deuxième tour de la présidentielle, car une migration des habitants de cette localité a été constatée.

Le mardi 16 février, cette question sécuritaire a fait les choux gras des déclarations des deux candidats, Mahamane Ousmane du Rdr Tchandji (parti de l’opposition) et Mohamed Bazoum du Pnds Tarayya (parti proche du pouvoir). Le premier s’est attardé sur les raisons de ces attaques. Pour lui, ce fléau est la conséquence d’une mauvaise gouvernance et de la mauvaise redistribution des richesses, voire de la pauvreté. Pour lui, une jeunesse qui est exclue des appareils de la société et a du mal à joindre les deux bouts n’a d’autres choix que de s’adonner à ce genre de pratique.

Le candidat du parti de la coalition cap 2021 invite donc à repanser l’administration et ses hommes, et aller à une gestion efficiente qui fera le bonheur des populations.
La plupart des attaques sont perpétrées à la frontière malienne ou la zone des trois frontières (Niger, Burkina Faso, Mali). Le candidat du Pnds Tarayya est pour sa part convaincu que les auteurs ne sont pas des Nigériens. « Nous n’avons pas de responsables nigériens chefs d’organisation terroriste avec lesquels nous pouvons discuter (…). Nous avons des organisations terroristes qui ont des bases sur des territoires voisins, que nous essayons de contenir pour éviter qu’elles ne débordent pas sur notre territoire », lance Mahamane Ousmane.

L’ancien ministre de l’Intérieur, auréolé du bilan du président Mahamadou Issoufou, explique que les attaques répétées au Mali et dans la zone des trois frontières trouvent sa cause dans le non-respect des clauses entre autorités maliennes et les bandes armés. « Le Mali n’a pas tout à fait soldé la crise de 2012 avec les Touaregs. Il faut peut-être promouvoir un certain dialogue. Je serai tout à fait à l’aise pour parler avec les Touaregs et avec l’Etat du Mali. Je suis en état de comprendre ce problème », poursuit-il.

Origine de ces groupes armés aux abords des frontières nigériennes

Dans son rapport de juin 2018 intitulé « Frontière Niger-Mali : mettre l’outil militaire au service d’une approche politique », International Crisis group indiquait que ces bandes armées sont nées des rébellions arabo-touareg des années 1990 et 2000. Au regard de la prolifération des armes et ses effets négatifs, ces acteurs (issus des communautés touareg, dossaak et peulh) ont été chassés par l’opération militaire française Serval début 2013. « Ils se sont réimplantés en zone rurale, au Mali puis au Niger, souvent en exploitant les rancœurs des communautés nomades les unes envers les autres et leur méfiance envers l’Etat. Le foyer jihadiste qui s’est développé à la frontière ne constitue cependant pas un mouvement unifié », souligne cette ONG internationale.

L’une des difficultés, selon Mohamed Bazoum, c’est qu’il n’est pas possible, sur le territoire si vaste du Niger, d’assurer la protection à 100% de tous les villages. « Même sur les frontières où ils peuvent être menacés comme à X et Zaroumdaraye. Nous avons une frontière de 800km avec le Mali. Nous ne disposerons jamais d’assez de force pour prévenir de ce genre de choses », fait-il remarquer.

Par Issouf Kamgaté

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