Tunisie : Léger repli des concours à l’économie du système financier au premier trimestre 2021

Les concours à l’économie du système financier de la Tunisie ont connu un léger fléchissement de 0,3% ou 257 millions de dinars durant le premier trimestre de l’année 2021 contre une hausse de 1,2% ou 1,084milliard de dinars un an auparavant, selon les données de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) basée à Tunis.

Cet institut d’émission explique principalement cette situation par << la baisse des crédits à l’économie (-0,7% ou -655 millions de dinars contre +0,7% ou +595 millions de dinars) dont l’ampleur a été atténuée par l’augmentation du portefeuille-titres auprès des banques (7,5% ou 398 millions de dinars contre 10,3% ou 489 millions de dinars)>>.

Après des baisses consécutives en janvier et février de respectivement 1,745 milliard et 267 millions, les concours à l’économie ont repris en mars une tendance haussière (+ 1,755 milliards) traduisant surtout, selon toujours la BCT, la hausse du portefeuille escompte auprès des banques (976 millions contre -385 millions).

En particulier, les crédits accordés aux professionnels au cours du premier trimestre de 2021, ont accusé une baisse de 346 millions de dinars contre +2,097 milliards de dinars durant la même période de l’année 2020. Les crédits bénéficiant au secteur de l’industrie et à celui de l’agriculture et de la pêche ont augmenté de respectivement, de 247 millions de dinars et de 86 millions de dinars, alors que le secteur des services a connu une baisse de 639 millions de dinars.

Quant aux crédits accordés aux particuliers, ils se sont inscrits en hausse de 308 millions de dinars.

Concernant les ressources du système financier et de leurs contreparties, la BCT note que durant le premier trimestre 2021, la masse monétaire M3 (ensemble des pièces et des billets en circulation, dépôts sur livrets, crédits à court terme et divers placements monétaires), a accusé une légère décélération par rapport à la même période de l’année écoulée (0,4% contre 2,1%). <<Cette évolution s’explique par l’effet conjugué du repli des concours à l’économie et de la baisse des créances nettes sur l’extérieur (-1,413 milliards de dinars contre 773 millions) alors que les créances nettes sur l’État ont progressé à un rythme accéléré (13,8% contre 4,8%).

Du côté des ressources du système financier résident, l’évolution de la masse monétaire M3 durant le premier trimestre de l’année 2021 est imputable, essentiellement, au ralentissement du rythme de progression de la monnaie fiduciaire (1,1% contre 6,9%) et des disponibilités quasi-monétaires (0,3% contre 1%) qui s’est couplé avec la baisse de la monnaie scripturale (-0,1% contre 2,2%). Toutefois, souligne la BCT, ces évolutions traduisent des réallocations au sein de chaque agrégat de monnaie.

En fait, précise l’institut d’émission, la décélération (0,4% contre 3,9%) du rythme de progression de la masse monétaire au sens de M1 (ensemble des pièces et des billets en circulation ainsi que les dépôts à vue domiciliés auprès des banques) trouve son origine surtout dans celle des billets et monnaies en circulation  (1% ou +160 millions contre 6,2% ou 831 millions), conjugué à la baisse de l’encours des dépôts à vue auprès des banques (-0,9% ou -217 millions contre 5,2% ou +1,002 milliards).

Concernant les dépôts quasi-monétaires, ils ont augmenté, durant la période sous revue à une cadence moins importante que celle enregistrée durant le premier trimestre de 2020 (0,3% ou 135 millions contre 1% ou 497 millions ) sous l’effet de la poursuite de la baisse de l’encours des certificats de dépôts (-7,4% ou -310 millions contre -8,5% ou -354 millions), le ralentissement simultané des taux de croissance des dépôts à terme et autres produits financiers (0,2% ou 26 millions contre 3,5% ou 530 millions) et des comptes spéciaux d’épargne (1,4% ou 299 millions  contre 1,8% ou 342 millions ).

D’après les services de la BCT, la baisse des certificats de dépôts s’explique notamment par le non renouvellement des titres arrivés à échéance.

S’agissant des contreparties du système financier, les donnes de la BCT indiquent que les créances nettes sur l’extérieur ont connu une baisse significative durant le premier trimestre de l’année 2021 (-1,413 milliards contre +773 millions) reflétant, principalement, la baisse des avoirs extérieurs (-1,258 milliards contre +634 millions ) et dans une moindre mesure la progression des engagements extérieurs du système financier (+678 millions contre +36 millions) imprégné par le recul du volume des ressources .  Durant le premier trimestre de l’année 2021 la mobilisation des ressources a concerné, principalement, le crédit contracté auprès de l’AFD en faveur du Trésor Tunisien de 100 millions d’euros.

Les avoirs nets en devises ont clôturé le premier trimestre de 2021 à un niveau de 21,841 milliards de dinars, soit l’équivalent de 152 jours d’importation contre 23,099 milliards de dinars et 162 jours, respectivement, à fin décembre 2020.

Quant aux créances nettes sur l’État, elles ont augmenté, au premier trimestre de 2021, à un rythme accéléré (13,8% ou 3,837 milliards contre 4,8% ou 1,121 milliard au premier trimestre de 2020). Cela reflète essentiellement, selon les services de la BCT, la reprise de l’encours des bons du Trésor détenus par les banques de la place (+1,094 milliards contre -356 millions) et l’effet restrictif de la baisse du compte courant du Trésor (-2,674 milliards contre 498 millions) suite à l’augmentation des dépenses courantes du Trésor. Pour ce qui est des bons du Trésor achetés par la BCT dans le cadre des Opérations d’Open Market, ils ont connu un repli de 175 millions de dinars contre 991 millions de dinars.

Les émissions des bons du Trésor ont enregistré durant le premier trimestre de la période sous revue, une hausse pour s’élever à 1,949 milliard dont 94% sous forme des bons de trésor assimilables contre des remboursements à ce titre d’un montant de 868 millions, soit des souscriptions nettes de +1,081 milliards contre 2,008 milliards, 1,028 milliard et +980 millions, respectivement, en mars 2020).

Par Albert Savana

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