L’Assemblée nationale ivoirienne engage une nouvelle étape de sa modernisation avec l’introduction de l’intelligence artificielle dans le travail parlementaire. Une conférence organisée le lundi 12 octobre 2026 a permis aux députés de découvrir les possibilités de ces outils, à travers notamment une démonstration de l’assistant conversationnel « Aya ».
Analyser plus rapidement des documents, préparer les travaux parlementaires et faciliter l’accès à l’information : l’intelligence artificielle ouvre de nouvelles perspectives pour les élus ivoiriens. Sous l’impulsion de Patrick Achi, président de l’Assemblée nationale, l’institution entend intégrer ces technologies à ses méthodes de travail, avec l’ambition affichée de mieux servir les citoyens.
La rencontre s’est tenue en présence de Djibril Ouattara, ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, de Ghita Mezzour, ancienne ministre marocaine de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, ainsi que du Dr Isaac Bayoh. Elle a associé sensibilisation et démonstration pratique pour rendre les usages de l’IA plus concrets aux yeux des parlementaires.
« Aya », une démonstration pour passer de la théorie à la pratique
L’un des moments marquants de cette initiative a été l’échange en direct entre Patrick Achi et l’intelligence artificielle devant les députés. Dans le message transmis, attribué à Patrick Achi, celui-ci rapporte que les participants ont choisi de donner à l’assistant le prénom « Aya ».
Cette interaction illustre la volonté de familiariser les élus avec des outils encore nouveaux pour une partie d’entre eux. Une démonstration permet notamment d’observer comment une question est formulée, comment une réponse est produite et dans quelle mesure celle-ci peut aider à préparer un travail.
Selon les comptes rendus de presse, la présentation a également permis d’explorer les possibilités de l’IA en matière d’analyse budgétaire et de recherche d’informations législatives. Ces usages pourraient faciliter la préparation des débats, à condition que les résultats soient confrontés aux documents de référence.
Une journée de pratique annoncée pour chaque député
Le message attribué à Patrick Achi annonce qu’après la mise à disposition de tablettes et les premières formations, chaque député bénéficiera d’une journée de pratique consacrée à l’utilisation de l’intelligence artificielle dans l’exercice de son mandat.
L’enjeu est de permettre aux parlementaires de s’approprier progressivement ces outils. Au-delà de la découverte, cette formation pourrait les aider à formuler des demandes précises, à examiner les réponses obtenues et à déterminer les tâches pour lesquelles l’IA apporte une aide utile.
Dans le travail quotidien d’un élu, les applications possibles sont nombreuses : préparer une première synthèse d’un dossier volumineux, organiser des informations, élaborer une trame de questions ou rendre un sujet complexe plus compréhensible. Il s’agit de perspectives d’utilisation ; le message ne précise pas encore le programme détaillé des sessions ni leur calendrier.
Des outils au service du jugement parlementaire
La démarche présentée place le jugement et la responsabilité des députés au centre de l’utilisation de l’IA. La rapidité de traitement peut constituer un atout, mais elle ne suffit pas à garantir la qualité d’une analyse.
Pour les parlementaires, l’appropriation de ces technologies implique donc de savoir vérifier les informations, repérer les réponses incomplètes et protéger les documents confidentiels. Une synthèse automatisée peut faciliter la lecture d’un dossier ; l’appréciation de ses conséquences politiques, économiques ou sociales demeure une responsabilité humaine.
La formation devra ainsi permettre aux élus de développer à la fois leur aisance technique et leur capacité à examiner les résultats avec recul.
Une dimension d’accessibilité pour les citoyens
La présentation du Dr Isaac Bayoh a également mis en lumière un assistant accessible sur WhatsApp, capable de traiter des échanges écrits ou vocaux et de répondre en baoulé ou en malinké, selon les informations rapportées par la presse. Cette dimension linguistique ouvre des perspectives pour rendre les outils numériques accessibles à davantage d’Ivoiriens.
Pour la relation entre les élus et les populations, de telles possibilités pourraient, à terme, faciliter la compréhension de certains sujets publics. Leur utilisation effective dépendra toutefois des dispositifs retenus et de la fiabilité des réponses proposées.
À travers cette initiative, l’Assemblée nationale affiche sa volonté de faire évoluer ses pratiques. Le prochain enjeu sera de traduire la sensibilisation en compétences concrètes, puis en améliorations mesurables du travail parlementaire et du service rendu aux citoyens.
Article rédigé à partir du message transmis, attribué à Patrick Achi, et de comptes rendus de presse sur la rencontre du 12 octobre 2026.
#Source : pas officielle de M. Patrick Achi
