Guerre en Ukraine : à Washington, Trump et les Européens buttent encore sur les concessions territoriales et les garanties de sécurité

Garanties de sécurité pour l’Ukraine, concessions territoriales (Donetsk, Lougansk, Kherson et Zaporijjia) et stratégiques pour la Russie, le sommet en Alaska et la réunion à Washington ont confirmé les mêmes points d’achoppement pour un éventuel accord de paix.

Le président Donald Trump, qui demeure très optimiste sur la possibilité d’y parvenir, est resté évasif sur comment contourner les blocages. Sur les demandes sécuritaires de Kiev, ce dernier a affirmé lundi à son homologue ukrainien que les États-Unis s’engageraient à les garantir si Volodymyr Zelensky concluait un accord avec le président russe.

Plusieurs hypothèses sur la sécurité

En cette quatrième année de guerre, les autorités ukrainiennes réclament des implications concrètes. « Les garanties de sécurité seront probablement décidées par nos partenaires d’ici une semaine à dix jours », a indiqué Volodymyr Zelensky à l’issue de négociations.

Parmi les hypothèses évoquées, celle d’une « clause de sécurité collective » qui autoriserait l’Ukraine à bénéficier du soutien des alliés occidentaux en cas d’une nouvelle attaque russe. D’autres options ont été avancées : une « force d’observation », de maintien de la paix, des troupes issues de la « coalition des volontaires » (une alliance de 31 pays lancée par le couple franco-britannique) qui stationneraient en Ukraine ou dans des pays voisins.

À propos des concessions territoriales, les Européens ont annoncé ne pas en avoir discuté. Sur place, la situation demeure critique. Les Russes poursuivent leur avancée dans un certain nombre de secteurs du Donbass. « Les délais extrêmement rapides qui ressortent de cette séquence à Washington interpellent. Je doute qu’ils soient réalistes et sans échange avec la partie russe », note un diplomate. Moscou a déjà rappelé ses intérêts de sécurité de la Russie.

Rencontre bilatérale entre Zelensky et Poutine

La réelle surprise est venue encore une fois de Donald Trump. Le milliardaire a assuré qu’une rencontre bilatérale entre Zelensky et Poutine pourrait se tenir dans les semaines qui viennent. Il a précisé sur son réseau social que ce sommet serait suivi d’une réunion trilatérale l’intégrant. Le président ukrainien, qui soutient cette initiative depuis plusieurs mois, a lancé : « Nous sommes prêts. » Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a assuré que le président russe avait convenu de cette future rencontre, dans les deux semaines à venir.

La réaction du conseiller diplomatique du président russe laisse place à une autre interprétation. Iouri Ouchakov rapporte que « l’idée a été discutée de porter à un plus haut niveau la représentation de l’Ukraine et de la Russie » lors de futures négociations.

Lors des pourparlers à la Maison-Blanche avec les dirigeants européens, Donald Trump s’est isolé pour appeler le dirigeant russe sur cette question. Selon le Kremlin, l’échange a porté sur « la nécessité de rehausser le niveau des représentants » sans aucune précision sur une participation de Vladimir Poutine.

Pour le directeur de l’Observatoire franco-russe, Arnaud Dubien, « n’ayant pu ”coincer” Poutine sur le cessez-le-feu (qui n’est plus à l’ordre du jour), Zelensky et les Européens vont essayer de le faire à propos du sommet annoncé par Trump. Je doute que le président russe ait changé de position et accepte un sommet pour négocier. Ce sera seulement pour signer un accord préalablement finalisé ».

Source l’Humanité

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