Mercosur : une majorité de pays de l’UE approuvent l’accord de libre-échange, pas la France

Après 25 ans de négociations, enfin le dénouement. Une majorité qualifiée d’États européens a approuvé ce vendredi l’accord de libre-échange avec le Mercosur, malgré la colère des agriculteurs et l’opposition de la France.

Grâce à ce feu vert, la présidente de la Commission Ursula von der Leyen pourrait se rendre dès lundi au Paraguay afin de signer ce traité commercial avec l’Amérique latine.

La Commission européenne menait des tractations ardues depuis 1999, pour parvenir à un accord avec l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay.

Ce traité prévoit de créer une zone de libre-échange de plus de 700 millions de consommateurs, réclamée par les milieux d’affaires. En supprimant une large part des droits de douane, il va favoriser les exportations européennes de voitures, de machines, de vins ou de fromages. En contrepartie, il facilite l’entrée en Europe de bœuf, de volaille, sucre, riz, miel et soja sud-américains, avec des quotas de produits détaxés qui alarment les filières concernées.

Une opposition insuffisante

Ce texte s’est heurté à l’opposition de la France, qui avait annoncé voter contre sous la pression d’une partie de la classe politique et du monde agricole, mobilisé depuis plusieurs semaines dans le pays. L’Autriche, la Hongrie, la Pologne et l’Irlande ont également suivi la position de la France, votant contre la signature du traité.

Le soutien de l’Italie a été décisif pour obtenir la majorité qualifiée nécessaire.

Berlin, qui était favorable à l’accord, a considéré que ce vote est « un signal important en cette période » de tensions commerciales. « Alors que d’autres se referment et adoptent une politique commerciale de plus en plus agressive, nous misons sur de nouveaux partenariats », a salué le ministre allemand des Finances Lars Klingbeil par communiqué.

Les débats autour de l’accord avec les pays du Mercosur sont loin d’être finis puisque dans les prochaines semaines, le texte devra être soumis au Parlement européen pour ratification. Dans l’hémicycle strasbourgeois, le scrutin pourrait être serré puisque plusieurs députés européens ont déjà fait part de leur intention de voter contre.

Environ 150 eurodéputés (sur 720) ont déjà prévenu qu’ils comptaient saisir la justice pour tenter de s’opposer à l’application de l’accord.

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