Israël frappe Beyrouth malgré la trêve, l’Iran menace et riposte

Israël a frappé dimanche la banlieue sud de Beyrouth pour la première fois depuis que les États-Unis ont annoncé une trêve au Liban la semaine dernière, menaçant de faire échouer les discussions visant à mettre fin à la guerre en Iran.

Le feu vert présumé de Washington à l’intensification des attaques israéliennes au Liban fait des bases américaines au Moyen-Orient « des cibles légitimes », a réagi en fin de journée le président du Parlement iranien et principal négociateur de Téhéran, Mohammad Baqer Qalibaf.

L’influent député iranien Ebrahim Rezaei, porte-parole de la commission parlementaire des affaires étrangères et de la sécurité nationale, a pour sa part assuré que Téhéran se préparait à une « réponse décisive et douloureuse ».

Téhéran a ensuite semblé mettre ces menaces à exécution, l’armée israélienne annonçant dans la soirée qu’elle tentait d’intercepter des missiles tirés depuis l’Iran.

Ces derniers développement menacent un peu plus encore les négociations visant à mettre fin au conflit, l’Iran conditionnant tout accord de paix avec les États‑Unis au maintien d’un cessez-le-feu au Liban, qu’Israël a envahi en mars pour traquer les combattants du Hezbollah soutenus par Téhéran, lesquels procèdent à des attaques transfrontalières.

Donald Trump a par ailleurs menacé à plusieurs reprises de reprendre les frappes contre l’Iran en l’absence d’accord rapide.

«  Nous sommes très proches d’un accord, sinon je vais les écraser complètement  », a déclaré le président américain à NBC News lors d’un entretien – enregistré vendredi et diffusé dimanche – marquant les 100 jours du conflit.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a pour sa part déclaré que la frappe de dimanche sur la banlieue sud de Beyrouth, contre un bastion du Hezbollah connu sous le nom de Dahiyeh, avait été ordonnée en réponse à des tirs du groupe armé chiite en direction de l’Etat hébreu.

Tsahal avait auparavant annoncé avoir intercepté deux projectiles tirés à travers la frontière et émis un ordre d’évacuation pour la ville de Tyr et ses environs, dans le sud du Liban, en prévision d’éventuelles frappes.

L’armée américaine avait indiqué samedi soir avoir abattu deux drones qui menaçaient le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. Plus tôt dans la journée, elle avait annoncé des frappes contre des radars iraniens après avoir abattu des drones tirés par l’Iran en direction de la voie maritime.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré samedi que les actions américaines violaient le cessez-le-feu conclu le 8 avril entre Téhéran et Washington, démontrant selon lui que les Etats-Unis n’ont aucune volonté de réduire les tensions.

Washington et Téhéran tentent de parvenir à un accord global pour mettre fin aux hostilités déclenchées le 28 février par des bombardements israélo-américains sur la République islamique.

Au Liban, les affrontements entre Israël et le Hezbollah n’ont toutefois pas cessé depuis l’annonce d’une trêve par Donald Trump en début de semaine dernière, le groupe armé libanais rejetant les propositions liant un cessez-le-feu à son désarmement et exigeant que l’Etat hébreu cesse d’abord ses attaques et retire ses forces du sud du pays.

Source Reuters

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