« Guerre au Moyen-Orient : l’Iran affirme ne pas avoir encore pris de décision définitive sur l’accord annoncé par Donald Trump »

Quelques heures après avoir évoqué la possibilité de nouvelles frappes contre l’Iran, Donald Trump a surpris en annonçant jeudi soir qu’un « très bon accord » avait été conclu avec Téhéran. Le président américain a indiqué que ce texte pourrait être signé « peut-être ce week-end, en Europe », une fois les derniers documents finalisés.

Dans la foulée, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a affirmé que Washington lui avait assuré que l’accord inclurait des engagements iraniens visant à retirer le matériel nucléaire enrichi. Un point central du dossier nucléaire, au cœur des tensions régionales depuis plusieurs mois.

Cependant, la diplomatie iranienne a rapidement tempéré cet optimisme. Dans la nuit de jeudi à vendredi, Téhéran a déclaré « ne pas avoir encore abouti à une décision définitive concernant l’accord », laissant planer une incertitude sur l’issue réelle des négociations.

Selon des informations rapportées par Axios, le protocole envisagé prévoirait notamment une prolongation du cessez-le-feu de 60 jours, y compris au Liban, ainsi qu’une réouverture progressive du détroit stratégique, avec un retour aux niveaux de trafic maritime d’avant-guerre sous trente jours. Le dossier nucléaire serait, lui, renvoyé à un second accord plus détaillé.

Réactions économiques en chaîne

Les marchés financiers ont immédiatement réagi à ces annonces. En Europe, les Bourses ont ouvert en nette hausse vendredi matin, portées par la perspective d’une désescalade du conflit et par la baisse des prix du pétrole. Dans les premiers échanges, Paris gagnait 1,38 %, Francfort 1,34 %, Londres 0,68 % et Milan 1,21 %.

En Asie, la tendance était encore plus marquée : le Nikkei à Tokyo a bondi de 3,59 %, tandis que l’indice Kospi de Séoul s’envolait de 8,47 %, traduisant un regain d’optimisme des investisseurs.

Les cours du pétrole reculaient également, avec un Brent en baisse de 1,90 % à 88,66 dollars et le WTI à 86,18 dollars.

Impact économique mondial

Les effets du conflit se font aussi sentir sur l’économie réelle. En France, l’Insee a annoncé une inflation de 2,4 % sur un an en mai, contre 2,2 % en avril, tirée notamment par la hausse des prix de l’énergie. Les produits pétroliers enregistrent une envolée de 31,1 % sur un an, conséquence notamment des tensions persistantes autour du détroit d’Ormuz.

Au Royaume-Uni, le PIB a reculé de 0,1 % en avril, une première depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. La ministre des Finances, Rachel Reeves, a reconnu l’impact du conflit sur l’économie britannique, soulignant qu’il « aura des répercussions chez nous ».

Appels diplomatiques à la désescalade

Sur le plan diplomatique, plusieurs pays appellent à une solution rapide. L’Égypte a exprimé l’espoir que « l’opportunité qui se présente sera saisie » afin de parvenir à un accord global et de préparer une nouvelle phase de stabilité régionale.

Le pays a récemment participé à des discussions avec l’Iran, ainsi qu’avec plusieurs partenaires internationaux dont la France, le Royaume-Uni, la Turquie, le Qatar et un médiateur pakistanais.

Source Libération avec notre rédaction

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