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Washington aurait-il craint qu’une opération israélienne ne fasse dérailler les négociations avec l’Iran ? C’est ce qu’affirme le New York Times dans une enquête s’appuyant sur les témoignages de responsables américains actuels et anciens. Selon ces sources, l’administration américaine aurait sérieusement redouté qu’Israël ne mène une opération visant plusieurs hauts responsables iraniens directement impliqués dans les discussions diplomatiques entre Washington et Téhéran.
D’après le quotidien américain, les principales inquiétudes concernaient le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, ainsi que le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf. Tous deux jouaient un rôle central dans les négociations menées au printemps en vue d’un accord provisoire destiné à réduire les tensions entre les deux pays.
Toujours selon le New York Times, les autorités américaines estimaient qu’une attaque contre ces responsables aurait pu provoquer l’effondrement immédiat des discussions diplomatiques et entraîner une nouvelle escalade militaire dans une région déjà fortement déstabilisée.
Face à ce risque, l’administration du président Donald Trump aurait demandé à plusieurs États du Moyen-Orient de transmettre discrètement aux autorités iraniennes des mises en garde concernant une éventuelle menace visant leurs principaux négociateurs.
Des précédents qui alimentaient les inquiétudes
Les craintes américaines s’inscrivaient dans un contexte où Israël avait déjà multiplié les frappes contre de hauts responsables iraniens depuis le début du conflit. Selon les informations rapportées, plusieurs personnalités considérées à Washington comme des interlocuteurs potentiels avaient été visées au cours des derniers mois.
Ces événements auraient renforcé la conviction de certains responsables américains qu’une nouvelle opération ciblant les négociateurs iraniens risquait de compromettre définitivement les efforts diplomatiques.
Un déplacement placé sous haute sécurité
Le New York Times rapporte également qu’en avril, lors du déplacement de Mohammad Bagher Ghalibaf à Islamabad pour une rencontre avec le vice-président américain JD Vance, les autorités iraniennes auraient sollicité, par l’intermédiaire du Pakistan et du Qatar, des garanties de sécurité.
Selon les mêmes sources, des avions de chasse pakistanais auraient escorté l’appareil transportant la délégation iranienne. Une alerte évoquant une menace potentielle aurait ensuite conduit l’avion à effectuer un atterrissage imprévu à Mashhad avant que la délégation ne rejoigne Téhéran par voie terrestre.
Les discussions se sont poursuivies
Malgré ces préoccupations sécuritaires, les négociations n’ont pas été interrompues. Abbas Araghchi et Mohammad Bagher Ghalibaf ont poursuivi les échanges avec les responsables américains, participant à plusieurs rencontres organisées au Qatar en mai puis en Suisse en juin.
Ces discussions visaient à préserver un canal diplomatique entre Washington et Téhéran malgré un climat de forte méfiance et une succession d’opérations militaires dans la région.
Si ces révélations du New York Times devaient être confirmées par des sources officielles, elles illustreraient la fragilité des négociations menées en parallèle des affrontements militaires, ainsi que les profondes divergences stratégiques pouvant exister entre les États-Unis et Israël sur la conduite du dossier iranien. À ce stade, les informations publiées reposent sur des sources anonymes citées par le quotidien américain et n’ont pas fait l’objet d’une confirmation officielle des gouvernements concernés.
Source N. T avec notre rédaction
