Sécurité régionale : le président béninois Romuald Wadagni renforce sa coopération avec la Mauritanie

Nouakchott, 7 juillet 2026 – Le président de la République du Bénin, Romuald Wadagni, a effectué une visite officielle en Mauritanie, où il s’est entretenu avec son homologue, Mohamed Ould Ghazouani. Cette rencontre, organisée dans un contexte de fortes tensions sécuritaires en Afrique de l’Ouest, témoigne de la volonté des deux États de renforcer leur coopération face à l’expansion de la menace terroriste dans la région.

Bien qu’aucune déclaration commune n’ait été publiée à l’issue des échanges, les discussions entre les deux chefs d’État ont principalement porté sur les défis sécuritaires, le partage d’expériences en matière de lutte contre le terrorisme et le renforcement des partenariats stratégiques.

Le Bénin face à une menace sécuritaire grandissante

Depuis plusieurs années, le nord du Bénin est confronté à une multiplication des attaques attribuées au Groupe de soutien à l’Islam et aux Musulmans (JNIM), une organisation affiliée à Al-Qaïda. Cette évolution place désormais le pays parmi les États côtiers directement exposés à l’extension des groupes armés opérant dans le Sahel.

À cette pression sécuritaire s’ajoutent des tensions diplomatiques persistantes avec certains pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), notamment avec le Niger, dont la frontière avec le Bénin demeure fermée depuis plusieurs mois.

Selon plusieurs observateurs, cette situation pousse Cotonou à diversifier ses partenariats régionaux afin de consolider sa stratégie de sécurité.

La Mauritanie, un modèle en matière de lutte antiterroriste

Pour de nombreux spécialistes, la Mauritanie figure aujourd’hui parmi les pays les plus performants de la région dans la lutte contre le terrorisme. Grâce à une combinaison de réformes militaires, de coopération régionale et de dispositifs de renseignement renforcés, le pays a considérablement réduit les activités des groupes extrémistes sur son territoire.

L’analyste politique Backary Gueye estime que cette visite traduit la volonté du Bénin de bénéficier de cette expertise.

La Mauritanie accueille notamment le Collège de défense du G5 Sahel, un centre de formation destiné aux officiers supérieurs africains, reconnu pour la qualité de son enseignement en matière de stratégie, de défense et de gestion des crises.

Dans cette perspective, des officiers béninois pourraient prochainement y être formés afin de renforcer les capacités opérationnelles des forces armées du Bénin.

Vers une coopération renforcée en matière de renseignement

Au-delà de la formation militaire, les deux pays souhaitent approfondir leur coopération dans le domaine du renseignement.

Le partage d’informations stratégiques est désormais considéré comme un levier essentiel pour anticiper les mouvements des groupes terroristes opérant entre le Sahel et les pays du golfe de Guinée.

Cette coopération pourrait permettre une meilleure coordination entre les services de sécurité des deux États et contribuer à prévenir les infiltrations transfrontalières.

Une nouvelle dynamique diplomatique

La visite de Romuald Wadagni à Nouakchott s’inscrit dans une dynamique plus large de recomposition des alliances en Afrique de l’Ouest. Alors que les équilibres régionaux évoluent sous l’effet des crises sécuritaires et des changements politiques, plusieurs États cherchent à renforcer leurs partenariats bilatéraux pour faire face aux défis communs.

Pour le Bénin, cette ouverture vers la Mauritanie constitue un signal fort de sa volonté d’élargir son réseau de coopération au-delà de son environnement immédiat.

De son côté, la Mauritanie confirme son rôle croissant comme acteur de référence en matière de sécurité régionale, mettant son expérience et son expertise au service d’une approche collective de la lutte contre le terrorisme.

Dans un contexte où les groupes armés continuent d’étendre leur influence vers les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest, le rapprochement entre Cotonou et Nouakchott pourrait ouvrir la voie à une coopération sécuritaire plus étroite, fondée sur la formation, le partage du renseignement et la coordination des stratégies de prévention.

Source RFI avec notre reporter A Nyamey- Niger

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