À quelques jours de la première édition du Festival Diaspora Kroumen, qui se tiendra le 18 juillet à la Maison de la Jeunesse de Saint-Denis (Île-de-France), Linda de Lindsay, présidente du comité d’organisation, journaliste, promotrice culturelle et fondatrice de Saphir Com et Delindsay Event, revient sur les ambitions de cet événement inédit consacré à la valorisation de la culture Kroumen.
Madame la Présidente, pouvez-vous nous présenter le Festival Diaspora Kroumen et nous expliquer comment est née l’idée de cet événement ?
Linda de Lindsay :
Le Festival Diaspora Kroumen est un événement culturel qui a pour vocation de valoriser et de faire rayonner la culture du peuple Kroumen, originaire du sud-ouest de la Côte d’Ivoire. Depuis plusieurs années, cette idée mûrissait dans mon esprit. Elle est née d’un profond désir d’honorer mes parents maternels et de rendre hommage à leurs traditions. J’attendais simplement le bon moment pour réunir les Kroumens de la diaspora autour d’un même idéal : préserver notre héritage culturel et le transmettre aux générations futures.
Pourquoi avoir choisi d’organiser cette première édition en France, plus précisément à Saint-Denis?
Linda de Lindsay :
La France accueille une importante diaspora ivoirienne et africaine. Organiser cette première édition ici permettra à de nombreuses familles de se retrouver autour d’une culture qui mérite d’être mieux connue. En Afrique, les Kroumens sont relativement connus, mais ce n’est pas encore le cas en Europe. Saint-Denis s’est imposée naturellement : c’est une ville accessible, conviviale et profondément multiculturelle, idéale pour accueillir un événement de cette ampleur.
Quel est le principal objectif de ce festival ?
Linda de Lindsay :
Notre ambition est simple : promouvoir la culture Kroumen dans toute sa richesse et sa diversité afin qu’elle soit connue bien au-delà des frontières ivoiriennes. C’est aussi une invitation à découvrir une partie du patrimoine culturel africain encore méconnue du grand public.
Le thème de la table ronde est : « Pourquoi le nom Kroumen ? ». Pourquoi ce choix ?
Linda de Lindsay :
Le nom « Kroumen » intrigue beaucoup de personnes, notamment parce qu’il possède une résonance anglophone dans un pays francophone. Nous souhaitons expliquer son origine historique et linguistique. Les festivaliers découvriront notamment la signification des termes « Krou » et « Men », ce dernier signifiant « hommes » en anglais. Cette conférence permettra de mieux comprendre l’histoire et l’identité de notre peuple.
Quels sont les principaux éléments de la culture Kroumen qui seront mis en valeur ?
Linda de Lindsay :
Le public découvrira plusieurs facettes de notre patrimoine : la cérémonie traditionnelle du mariage Kroumen, les danses emblématiques comme le célèbre Bollo, notre gastronomie avec la sauce graine accompagnée de haricots et de cœur de palmier, sans oublier nos traditions et nos coutumes. Beaucoup de visiteurs découvriront des pratiques qu’ils n’ont jamais vues auparavant.
Pourquoi avoir choisi de présenter autant d’aspects culturels différents ?
Linda de Lindsay :
Parce que notre culture ne se résume pas à une danse ou à un plat. Chaque tradition raconte une histoire, transmet des valeurs et reflète notre identité. Certaines de ces pratiques sont extrêmement rares, voire uniques. Nous voulons permettre aux visiteurs de comprendre pourquoi elles existent et ce qu’elles représentent pour notre communauté.
Vous avez invité les communautés alliées. Quelle est l’importance de ces alliances ?
Linda de Lindsay :
Nous recevrons notamment les Godié, les Abouré ainsi que nos cousins Bakwé. Ces alliances traditionnelles illustrent parfaitement les valeurs africaines de solidarité, de fraternité et de respect mutuel. Elles constituent un véritable facteur de cohésion sociale et nous prendrons le temps d’en expliquer toute la portée.
Ce festival est-il aussi destiné aux jeunes générations nées en Europe ?
Linda de Lindsay :
Absolument. C’est même l’une de nos principales motivations. Nous voulons transmettre notre histoire, nos traditions et nos valeurs aux enfants de la diaspora afin qu’ils restent fiers de leurs origines et continuent de faire vivre ce patrimoine culturel.
La gastronomie occupera une place importante. Que pourront découvrir les visiteurs ?
Linda de Lindsay :
Ils pourront déguster la célèbre sauce graine Kroumen accompagnée de haricots, de cœur de palmier et d’autres spécialités. Au-delà du plaisir gustatif, nous expliquerons également les vertus nutritionnelles et thérapeutiques de certains ingrédients comme le cœur de palmier, l’asperge sauvage ou encore les haricots, particulièrement riches en protéines.
Cette première édition a-t-elle vocation à devenir un rendez-vous annuel ?
Linda de Lindsay :
Oui. C’est notre souhait. Nous espérons pérenniser ce festival afin qu’il devienne un grand rendez-vous culturel de la diaspora africaine en Europe. Si Dieu nous prête vie, il y aura d’autres éditions encore plus ambitieuses.
Quels ont été les principaux défis de l’organisation ?
Linda de Lindsay :
Le plus grand défi est de mobiliser la communauté, les partenaires, les alliés et le public autour d’un projet totalement nouveau. Mais nous sommes convaincus que lorsque chacun apporte sa contribution, les plus beaux projets deviennent possibles.
Quel soutien attendez-vous des partenaires et des médias ?
Linda de Lindsay :
Chaque soutien est précieux. Les associations, les médias, les institutions et les partenaires contribuent à faire vivre notre patrimoine culturel. Ensemble, nous pouvons créer une dynamique positive pour la promotion de la culture africaine à travers le monde.
Pourquoi avoir sollicité le partenariat de l’Union des Journalistes Ivoiriens en France (UJIF) ?
Linda de Lindsay :
L’UJIF est une organisation dont je suis membre. Il était naturel qu’elle participe à cette aventure. Au-delà de l’information, elle constitue un formidable relais de diffusion de la culture ivoirienne auprès de la diaspora et du grand public.
Quel impact souhaitez-vous pour ce festival ?
Linda de Lindsay :
Je souhaite que cette initiative contribue à faire connaître un patrimoine culturel exceptionnel qui ne doit jamais tomber dans l’oubli. Préserver notre identité est un devoir. Valoriser notre culture, c’est également renforcer le rayonnement de la Côte d’Ivoire dans le monde.
Si vous deviez convaincre quelqu’un de venir au festival ?
Linda de Lindsay :
Je lui dirais qu’il découvrira quelque chose d’unique, qu’il ne verra nulle part ailleurs en France. Depuis près de vingt-huit ans, avec Saphir Com et Delindsay Event, nous innovons sans cesse pour promouvoir la culture ivoirienne. Ce festival est une expérience humaine, culturelle et festive qui restera gravée dans les mémoires.
Quel message souhaitez-vous adresser à la diaspora et aux Franciliens ?
Linda de Lindsay :
J’invite toute la diaspora ivoirienne, les communautés africaines, les Franciliens et tous les amoureux des cultures du monde à nous rejoindre le 18 juillet à la Maison de la Jeunesse de Saint-Denis. Venez découvrir une culture authentique, chaleureuse et profondément humaine.
Je remercie sincèrement toutes les personnes qui, depuis des années, me font confiance dans l’organisation de mes événements. En tant que journaliste, promotrice culturelle, présentatrice et organisatrice d’événements, je considère qu’il est de mon devoir de faire rayononner la Côte d’Ivoire partout où je me trouve.
Retrouvons-nous pour célébrer ensemble notre patrimoine culturel, renforcer la fraternité entre les peuples et porter haut les couleurs de la Côte d’Ivoire.
Vive le Festival Diaspora Kroumen !
Vive la culture ivoirienne !
Vive Saphir Com !
Vive Delindsay Event !
Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire, protège notre diaspora et accompagne chacun de nos pas.
Interview réalisée par Charles BILE
