Abidjan, 13 juillet 2026 – Les productions vivrières s’imposent désormais comme l’un des piliers de la stratégie de développement économique de la Côte d’Ivoire. À l’occasion du Groupe consultatif pour le financement du Plan national de Développement (PND) 2026-2030, le ministre délégué chargé des Productions vivrières, Bernard Kini Comoé, a invité les investisseurs nationaux et internationaux à saisir les nombreuses opportunités qu’offre le secteur agricole ivoirien.
Intervenant lors d’un panel organisé le 9 juillet 2026 à l’hôtel Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire, aux côtés du ministre des Ressources animales et halieutiques, Sidi Tiémoko Touré, et du ministre du Commerce et de l’Industrie, Ibrahim Kalil Konaté, le ministre a présenté la vision du gouvernement visant à faire des productions vivrières un moteur de croissance, de création d’emplois et de transformation industrielle.
Des projets structurants pour stimuler les investissements
Face aux investisseurs privés réunis pour l’occasion, Bernard Kini Comoé a détaillé les principaux projets destinés à renforcer la compétitivité du secteur. Parmi les priorités figure le développement de vastes périmètres irrigués afin d’accroître durablement la production de riz.
Selon le ministre, des études sont actuellement en cours sur un potentiel estimé à 200 000 hectares irrigables, avec plusieurs projets déjà identifiés, notamment un périmètre de 16 000 hectares dans la région de la Bagoué et un autre de 30 000 hectares dans la région de Kossou.
Il a précisé que l’État entend assurer la réalisation des barrages, des canaux d’irrigation et des aménagements hydroagricoles avant de confier leur exploitation au secteur privé à travers des concessions et des partenariats public-privé.
« Notre rôle est de créer les conditions de l’investissement en réalisant les infrastructures de base afin de permettre aux opérateurs privés de développer une agriculture moderne et performante », a déclaré Bernard Kini Comoé.
Des mesures fiscales pour renforcer l’attractivité du secteur
Le ministre a également mis en avant les mesures incitatives mises en place par le gouvernement pour encourager les investissements agricoles. Parmi celles-ci figurent les exonérations fiscales sur les équipements agricoles ainsi que les avantages accordés sur le carburant destiné à la mécanisation, avec des exonérations pouvant atteindre 95 %.
Ces dispositions visent à réduire les coûts de production, favoriser la modernisation des exploitations agricoles et améliorer la rentabilité des investissements dans les filières vivrières.
Miser sur la transformation agroalimentaire
Au-delà de la production, Bernard Kini Comoé a insisté sur le potentiel encore largement inexploité de la transformation agroalimentaire. Le manioc, le maïs, les cultures maraîchères et d’autres spéculations vivrières représentent, selon lui, d’importantes opportunités industrielles.
Il a notamment rappelé la politique gouvernementale visant à intégrer davantage de farine de manioc dans la fabrication de la farine boulangère afin de réduire la dépendance du pays aux importations de blé tout en créant davantage de valeur ajoutée localement.
Le ministre a également plaidé pour le développement des infrastructures de conservation et de commercialisation, notamment les chaînes du froid, les centres de collecte et les plateformes logistiques spécialisées dans le transport des produits agricoles, afin de réduire les pertes post-récolte et d’améliorer la compétitivité des filières.
Un levier pour l’emploi et la sécurité alimentaire
Pour Bernard Kini Comoé, les productions vivrières représentent un secteur à fort potentiel de création d’emplois, en particulier pour les jeunes et les femmes.
Il estime que la combinaison des investissements publics dans les infrastructures, de la sécurisation du foncier rural, des incitations fiscales et de la participation active du secteur privé permettra non seulement de renforcer durablement la sécurité alimentaire du pays, mais également de réduire les importations de produits alimentaires.
À travers cette stratégie, le gouvernement entend faire des filières vivrières un véritable moteur de croissance inclusive, tout en offrant aux investisseurs un secteur porteur, capable de générer des rendements économiques durables et de contribuer à la transformation structurelle de l’économie ivoirienne dans le cadre du PND 2026-2030.
Source notre rédaction
