Quatre économistes indépendants ont remis un rapport sur les comptes publics, à la demande du gouvernement. Ils font des propositions, plutôt abrasives, pour éviter que la dette devienne incontrôlable. De quoi alimenter les débats pour la présidentielle.
Le gouvernement commence à plancher sur le budget 2027, qui s’annonce encore plus délicat à faire adopter que celui de 2026. Quatre économistes apportent leur pierre aux débats. Voici ce qu’il faut retenir de leur rapport.
Que sont les dépenses publiques ?
Ce sont celles de l’État, de la Sécu et des collectivités. La France va dépenser cette année 1 735 milliards d’euros (153 milliards de plus que ses recettes). En tête des dépenses, les retraites, à hauteur de 354 milliards. Puis la santé (273 milliards). Viennent ensuite les intérêts de la dette (77 milliards), l’éducation (65 milliards) etc.
Pourquoi en reparle-t-on ?
Parce qu’un rapport, rédigé par quatre économistes indépendants (Xavier Jaravel, Xavier Ragot, Jean-Luc Tavernier, Natacha Valla) à la demande du gouvernement, alerte sur la « dérive » des comptes publics. Si on ne fait rien, la dette (3 500 milliards), « ce poison lent », va encore augmenter. Et avec elle, les intérêts, qui pourraient peser deux fois plus que le budget de l’Éducation nationale d’ici 2030. Pour stabiliser la dette, les économistes préconisent 125 milliards « d’ajustement ». Un terme pudique pour désigner une hausse massive d’impôts. Sauf que « la France a le taux de prélèvements le plus élevé de la zone euro », objectent les économistes. Ils penchent plutôt pour interroger « le montant et l’efficience des dépenses publiques, en premier lieu la santé et les retraites. »
Pourquoi la santé et les retraites ?
Parce que ces dépenses, sous l’effet du vieillissement de la population, augmentent mécaniquement plus vite que la richesse produite par la France. Pour les freiner, les économistes recommandent notamment de renoncer à indexer sur l’inflation les prestations (retraite, prime d’activité etc.), hormis le RSA et le minimum vieillesse. Et cette « année blanche » devrait être envisagée dès le budget 2027, débattu à l’automne. « Il n’est pas envisageable de rester inactif en 2027 », écrivent les économistes. Une préoccupation partagée par le Premier ministre, Sébastien Lecornu. Il redoute que l’Assemblée, sans majorité, renonce à voter un budget avant la présidentielle. En attendant, ce rapport sera, sans doute, très commenté. Pas sûr que ses préconisations plaisent à LFI, plutôt partisan de « revenir sur les cadeaux fiscaux aux plus riches ». Pas plus qu’au RN, favorable à « une baisse de la contribution de la France à l’Union européenne ». Le rapport note qu’elle va augmenter de dix milliards d’ici 2030.
Source Ouest France avec notre rédaction
