COOPÉRATION BOTSWANA–CÔTE D’IVOIRE : GABORONE ET ABIDJAN RENFORCENT LEUR PARTENARIAT DANS LES MINES ET L’ÉNERGIE

Gaborone – Le Botswana et la Côte d’Ivoire entendent donner une nouvelle dimension à leur coopération économique, particulièrement dans les secteurs des mines et de l’énergie. Le Président botswanais Duma Boko a réaffirmé cette ambition à l’occasion d’une rencontre de haut niveau avec le ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, en visite à Gaborone.

Cette rencontre marque une nouvelle étape dans le rapprochement économique entre les deux pays africains, qui souhaitent désormais transformer leurs relations diplomatiques en partenariats sectoriels capables de générer des investissements, de favoriser le transfert de compétences et d’accroître la valeur créée localement à partir des ressources naturelles.

Au centre des échanges figure notamment la mise en œuvre d’un Mémorandum d’entente (MoU) destiné à fournir un cadre structuré à la coopération entre le Botswana et la Côte d’Ivoire dans les secteurs extractif et énergétique.

Un partenariat stratégique autour des ressources minières

Selon le Président Duma Boko, cet accord doit permettre aux deux pays de développer leur collaboration dans plusieurs domaines prioritaires, notamment l’exploration minière, le développement énergétique, le transfert de compétences techniques, l’innovation ainsi que le renforcement des capacités institutionnelles.

Le Chef de l’État botswanais a surtout insisté sur la nécessité de dépasser le stade des déclarations d’intention.

Des engagements techniques seraient déjà en cours entre les parties, traduisant une volonté d’aller rapidement vers la mise en œuvre concrète des axes de coopération identifiés.

Cette orientation pourrait permettre aux administrations, entreprises et institutions spécialisées des deux pays de développer des programmes communs et de favoriser les échanges d’expertise.

L’expérience minière du Botswana au service d’une coopération africaine

Le rapprochement présente un intérêt particulier pour la Côte d’Ivoire au regard de l’expérience acquise par le Botswana dans la gestion de ses ressources minières.

Le pays d’Afrique australe s’est construit une importante réputation internationale dans le secteur extractif, notamment grâce à l’exploitation et à la valorisation de ses ressources diamantifères.

La coopération avec Gaborone pourrait ainsi permettre à la Côte d’Ivoire de bénéficier d’un partage d’expériences concernant notamment la gouvernance du secteur minier, la gestion des ressources, le développement des compétences et la création de valeur autour des industries extractives.

En parallèle, la Côte d’Ivoire connaît depuis plusieurs années une montée en puissance de son secteur minier, portée notamment par l’exploration et l’exploitation de l’or, du manganèse et d’autres ressources de son sous-sol.

La multiplication des découvertes et des projets miniers renforce ainsi les ambitions du pays de faire des industries extractives un moteur supplémentaire de croissance et de transformation économique.

Attirer davantage d’investissements

Pour Duma Boko, la complémentarité entre l’expérience du Botswana et le potentiel du secteur extractif ivoirien ouvre des perspectives importantes.

Le partenariat pourrait notamment contribuer à attirer de nouveaux investissements, développer des industries locales et renforcer les capacités techniques nécessaires à une exploitation plus efficace des ressources naturelles.

L’un des enjeux sera également de faire en sorte qu’une part croissante de la valeur issue des ressources minières soit créée sur le continent.

Cette approche suppose de ne plus limiter les économies africaines à l’exportation de matières premières brutes, mais de développer progressivement les activités de transformation, les services spécialisés et les chaînes de valeur associées aux industries extractives.

L’énergie également au cœur des discussions

Au-delà des mines, la coopération envisagée entre Gaborone et Abidjan couvre également le secteur énergétique.

Le Mémorandum d’entente prévoit ainsi des possibilités de collaboration dans le développement de projets énergétiques et le partage d’expertise.

Pour la Côte d’Ivoire, qui ambitionne de consolider sa position énergétique en Afrique de l’Ouest, ces partenariats peuvent contribuer à diversifier les sources d’investissement et à développer de nouvelles compétences.

L’énergie constitue par ailleurs un élément indispensable au développement des industries minières et à la transformation locale des matières premières.

Le rapprochement entre les politiques minières et énergétiques apparaît donc comme un élément stratégique du partenariat entre les deux pays.

Mamadou Sangafowa-Coulibaly au cœur du rapprochement sectoriel

La visite à Gaborone du ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, témoigne de la volonté d’Abidjan de renforcer ses relations avec des pays africains disposant d’une expertise reconnue dans les industries extractives.

Les discussions avec les autorités botswanaises doivent notamment permettre d’identifier les domaines dans lesquels des collaborations concrètes peuvent rapidement être engagées.

Les échanges techniques prévus dans le cadre du MoU seront déterminants pour transformer les orientations politiques en projets, programmes de formation, investissements et partenariats entre institutions et entreprises.

Duma Boko plaide pour une coopération économique inter-africaine renforcée

Au-delà des secteurs minier et énergétique, le Président botswanais a présenté ce rapprochement comme une illustration de la nécessité pour les États africains de développer davantage leurs relations économiques.

Duma Boko estime que les partenariats stratégiques entre pays africains constituent un levier essentiel pour bâtir des économies plus solides et générer des bénéfices durables pour les populations.

Cette vision s’inscrit dans une dynamique plus large de renforcement de la coopération Sud-Sud et du commerce intra-africain.

Elle repose notamment sur une meilleure circulation des compétences, des capitaux, des technologies et des expertises entre les différentes régions du continent.

Vers un axe Gaborone-Abidjan dans les industries extractives ?

Le rapprochement engagé entre le Botswana et la Côte d’Ivoire pourrait ainsi ouvrir une nouvelle phase dans les relations économiques entre l’Afrique australe et l’Afrique de l’Ouest.

D’un côté, le Botswana dispose d’une expérience reconnue dans la gouvernance et l’exploitation des ressources minières. De l’autre, la Côte d’Ivoire possède un secteur extractif en pleine expansion et cherche à attirer davantage d’investissements tout en développant la transformation locale.

La complémentarité entre les deux économies pourrait désormais se traduire par des programmes de formation, des échanges d’expertise, des projets d’exploration et de développement minier ainsi que des investissements dans les infrastructures énergétiques.

Avec l’adoption du Mémorandum d’entente et le démarrage annoncé des échanges techniques, Gaborone et Abidjan affichent désormais leur volonté de passer de la coopération institutionnelle à des réalisations concrètes, avec pour ambition de faire des ressources naturelles un véritable instrument de développement économique et de création de valeur en Afrique.

Compte rendu de notre reporter Fréderic Geraud

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