JFA 2026 : la Côte d’Ivoire veut faire du foncier un moteur de paix et d’investissement

Ouvertes le lundi 5 octobre 2026 au Parc des Expositions de Port-Bouët, les premières Journées foncières d’Abidjan réunissent, pendant trois jours, responsables publics, experts et partenaires au développement. Au cœur des échanges : la sécurisation des terres, la prévention des conflits et le financement des réformes, avec un défi annoncé de 23 millions d’hectares à sécuriser en Côte d’Ivoire.

La terre comme facteur de cohésion sociale et support de l’investissement productif : cette ambition guide la première édition des Journées foncières d’Abidjan (JFA 2026). Placée sous le haut patronage du Vice-Premier ministre, ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, la rencontre entend faire émerger des solutions pour une gouvernance foncière plus sûre et plus transparente.

Le thème retenu associe explicitement la sécurisation foncière à la cohésion sociale, à l’investissement productif, à la création d’emplois pour les jeunes et les femmes, ainsi qu’au développement durable. Il souligne la portée économique et sociale d’un secteur dont la gestion concerne à la fois les communautés, les pouvoirs publics et les investisseurs.

Téné Birahima Ouattara plaide pour la modernisation

À l’ouverture, le Vice-Premier ministre a rappelé l’importance stratégique du foncier dans les sociétés africaines. L’accès à la terre, la protection des droits et la prévention des différends constituent, selon lui, des conditions essentielles pour consolider la paix et renforcer la confiance.

Son intervention a mis l’accent sur la nécessité de rassurer aussi bien les communautés que les porteurs de projets. Une gouvernance foncière plus transparente doit permettre de mieux sécuriser les droits et de réduire les incertitudes qui entourent l’utilisation des terres.

Téné Birahima Ouattara a également plaidé pour la modernisation des pratiques et une coopération accrue entre États. Le numérique figure parmi les domaines dans lesquels le partage d’expériences pourrait accompagner les réformes.

Un chantier de 23 millions d’hectares à sécuriser

S’exprimant au nom des deux ministres co-présidents des JFA, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, a présenté l’ampleur du chantier ivoirien : 23 millions d’hectares à sécuriser et environ 1,5 million de certificats fonciers à délivrer.

Ces chiffres illustrent les besoins auxquels doit répondre la poursuite de la sécurisation foncière rurale. Pour le ministre, la reconnaissance des droits sur la terre contribue à réduire les contentieux, à favoriser la sérénité dans les villages et à renforcer la confiance des investisseurs.

Bruno Nabagné Koné a également cité une évaluation indépendante faisant état d’un recul d’environ 30 % des conflits fonciers grâce à l’action de l’État. Ce résultat, rapporté dans son intervention, souligne l’importance accordée aux effets des réformes sur la stabilité des communautés.

Mobiliser les financements pour poursuivre les réformes

La question des ressources nécessaires occupe une place centrale dans cette première édition. Bruno Nabagné Koné a appelé les partenaires techniques et financiers à préparer, avec la Côte d’Ivoire, les financements destinés à la poursuite du Programme national de sécurisation foncière rurale.

L’enjeu est de soutenir dans la durée un chantier de grande ampleur. La table ronde des partenaires au développement, consacrée au financement des réformes, doit permettre de mettre cette priorité au cœur du dialogue entre les autorités et leurs partenaires.

Le Sénégal à l’honneur, la Mauritanie représentée

Les JFA 2026 comportent également une dimension de coopération africaine. Le Sénégal, pays à l’honneur, partage son expérience en matière de cadastre et de prise en compte du genre. Sa délégation est conduite par Cheikh Diba, ministre de l’Économie, des Finances et du Plan.

La Mauritanie participe à la rencontre avec son ministre des Domaines, du Patrimoine de l’État et de la Réforme foncière, Mamoudou Mamadou Niang.

Ces participations offrent un cadre de comparaison des approches nationales et de partage des pratiques, notamment sur la modernisation des outils et l’accès des femmes aux droits fonciers.

Trois jours pour dégager des pistes d’action

Le programme comprend un salon du foncier, une table ronde des ministres chargés du secteur, une rencontre des partenaires au développement et des ateliers thématiques, notamment sur la digitalisation.

En réunissant les acteurs de la décision publique, du financement et de la pratique foncière, cette première édition vise à rapprocher les réformes des besoins du terrain. Les échanges devront notamment éclairer les moyens de sécuriser davantage de terres, de prévenir les différends et de créer les conditions d’investissements durables, au bénéfice des communautés.

Source notre reporter à Abidjan

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