UEMOA : Alassane Ouattara signe l’acte additionnel pour le rétablissement du Pacte de convergence

Le président ivoirien a signé, jeudi 22 octobre 2026 à Abidjan, l’Acte additionnel instituant le Pacte de convergence, de stabilité, de croissance et de solidarité de l’UEMOA. Cette étape ouvre la voie au rétablissement d’un cadre communautaire dont l’application avait été suspendue en 2020, dans le contexte de la pandémie de Covid-19.

La coordination des politiques économiques au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine franchit une nouvelle étape. À l’issue d’un entretien avec Abdoulaye Diop, président de la Commission de l’UEMOA, Alassane Ouattara a apposé, au nom de la Côte d’Ivoire, sa signature sur l’acte additionnel relatif au Pacte de convergence.

Organisée à la résidence du chef de l’État, la rencontre s’inscrivait dans les consultations régulières entre le président de la Commission et le président en exercice de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union. Elle a permis d’examiner la situation de l’organisation communautaire, ses performances économiques et ses perspectives de financement.

Restaurer un cadre commun de convergence

Le Pacte poursuit quatre objectifs : rapprocher les économies des États membres, consolider la stabilité macroéconomique, soutenir la croissance et approfondir la solidarité communautaire. Il constitue un instrument de suivi des engagements économiques nationaux et de leur cohérence à l’échelle de l’Union. Ces principes figuraient déjà dans l’acte additionnel de 2015, qui organisait également l’évaluation des performances et les procédures de surveillance.

L’application de la précédente version avait été temporairement suspendue en 2020, notamment en raison de la crise sanitaire. Selon le compte rendu de la présidence ivoirienne, la démarche actuelle vise à rétablir ce dispositif et à renforcer la cohérence entre les politiques macroéconomiques nationales et la politique monétaire commune.

La crédibilité économique au cœur des échanges

Pour Abdoulaye Diop, le Pacte représente un élément essentiel de la surveillance multilatérale et de la crédibilité des politiques économiques de la sous-région. Son rétablissement figurait parmi les sujets évoqués avec les partenaires internationaux lors des récentes Assemblées annuelles du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale à Bangkok.

Au-delà de la signature, l’enjeu sera donc de traduire les engagements communautaires en politiques nationales cohérentes. Une meilleure coordination peut offrir davantage de visibilité aux acteurs économiques et faciliter l’évaluation des trajectoires des États. Ces effets dépendront toutefois des modalités d’application du nouveau cadre et du respect des engagements pris.

Le financement du développement également à l’agenda

L’entretien a aussi porté sur les moyens de renforcer le financement des économies de l’Union. Abdoulaye Diop a mis en avant la mobilisation des ressources, les mécanismes financiers innovants et le partage d’expériences entre États membres.

Dans cette perspective, l’expérience ivoirienne en matière de financement du budget et des programmes de développement a été présentée comme une source possible d’inspiration pour les autres pays. L’objectif évoqué est de consolider les acquis économiques tout en améliorant le financement des investissements et la réponse aux besoins des populations.

Un processus institutionnel à poursuivre

La signature ivoirienne constitue une étape dans la procédure communautaire. D’après la présidence, l’acte additionnel doit encore être signé par les autres chefs d’État de l’Union en vue de son adoption définitive. La mise en œuvre du dispositif nécessitera également la finalisation de textes complémentaires, selon les informations rapportées par Fraternité Matin.

Les prochaines étapes permettront ainsi de préciser la portée opérationnelle du Pacte : calendrier d’application, engagements des États et modalités de suivi. C’est à travers ces dispositions que pourra être appréciée sa contribution à la stabilité économique, à la croissance et à la solidarité au sein de l’UEMOA.

Source Présidence

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