Transformation locale : des investisseurs allemands s’intéressent au chocolat, aux biscuits et à la noix de cajou en Côte d’Ivoire

Abidjan, 8 septembre 2026 – La Côte d’Ivoire pourrait bientôt franchir une nouvelle étape dans sa stratégie de transformation locale de ses matières premières agricoles. Une délégation d’opérateurs économiques allemands séjourne dans le pays du 7 au 11 septembre 2026 afin d’explorer plusieurs opportunités d’investissement, notamment dans la transformation du cacao, la fabrication de chocolat et de biscuits, ainsi que dans la valorisation de la noix de cajou.

Conduite par S.E.M. Azize Diabaté, Ambassadeur de Côte d’Ivoire en Allemagne, la délégation a été reçue, mardi 8 septembre, par le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Kalil Konaté.

Elle comprend notamment le Professeur Dr Hermann Bühlbecker, Consul honoraire de Côte d’Ivoire à Aix-la-Chapelle et Président du groupe allemand Lambertz, ainsi que Léger Ouattara, Conseiller commercial de Côte d’Ivoire en Allemagne, et plusieurs opérateurs économiques.

De la fève de cacao au produit fini

Au cœur de cette mission économique figure une ambition claire : examiner les possibilités d’investir sur l’ensemble de la chaîne de valeur du cacao ivoirien.

Les investisseurs allemands ne souhaitent pas uniquement s’intéresser à l’approvisionnement en matières premières. Leur démarche porte également sur la transformation industrielle et la commercialisation de produits finis fabriqués directement en Côte d’Ivoire.

« Ce qui nous intéresse, c’est la chaîne entière du produit, de la fève de cacao jusqu’au chocolat dans les rayons des supermarchés », a expliqué le Professeur Dr Hermann Bühlbecker.

Cette déclaration traduit la volonté du groupe Lambertz d’étudier notamment la faisabilité d’une production locale de chocolat et de biscuits à partir du cacao ivoirien.

Fondée en 1688, Lambertz est une entreprise familiale allemande spécialisée dans les biscuits, pâtisseries, chocolats et confiseries. Le groupe emploie environ 4 000 personnes.

Une opportunité pour l’industrialisation ivoirienne

Pour le gouvernement ivoirien, cet intérêt allemand s’inscrit pleinement dans la politique nationale de transformation locale des matières premières.

Premier producteur mondial de cacao, la Côte d’Ivoire cherche depuis plusieurs années à accroître la part de sa production transformée sur son propre territoire afin de capter davantage de valeur ajoutée, créer des emplois industriels et renforcer la compétitivité de son économie.

Le ministre Kalil Konaté s’est ainsi félicité de l’intérêt porté par les investisseurs allemands à l’ensemble de la chaîne de valeur.

« Je me réjouis que vous vous intéressiez à toute la chaîne de valeur », a-t-il déclaré.

Le ministre a également assuré les membres de la délégation de la disponibilité du gouvernement à faciliter leur installation en Côte d’Ivoire.

Le gouvernement promet un accompagnement aux investisseurs

Les autorités ivoiriennes entendent notamment faciliter l’accès aux sites industriels, aux infrastructures ainsi qu’aux différents mécanismes d’incitation destinés aux investisseurs.

Ces dispositifs peuvent concerner des mesures d’accompagnement fiscal et douanier ainsi que l’appui administratif nécessaire à la réalisation de projets industriels.

« Notre rôle, en tant que commissaire du Gouvernement, est de vous accompagner et de faciliter vos installations dans notre pays », a affirmé Kalil Konaté.

Cette volonté d’accompagnement vise à créer un environnement favorable à l’implantation de nouvelles unités industrielles, notamment dans les filières agricoles où la Côte d’Ivoire dispose d’un important potentiel de transformation.

La noix de cajou également dans le viseur

Au-delà du cacao, les opérateurs allemands s’intéressent également à la transformation de la noix de cajou.

La Côte d’Ivoire dispose d’une importante production d’anacarde et cherche, là encore, à réduire les exportations de produits bruts au profit d’une transformation accrue sur le territoire national.

Une implantation d’investisseurs allemands dans ce secteur pourrait ainsi participer à la diversification du tissu industriel ivoirien tout en offrant de nouveaux débouchés aux producteurs.

L’enjeu reste le même : passer progressivement d’une économie principalement exportatrice de matières premières à une économie capable de transformer localement une part croissante de sa production.

Vers un renforcement de la coopération économique Côte d’Ivoire-Allemagne

La mission économique allemande intervient dans un contexte où la Côte d’Ivoire multiplie les initiatives destinées à attirer des investissements industriels étrangers et à encourager la création d’unités de production locales.

La présence d’un groupe historique comme Lambertz constitue à cet égard un signal intéressant pour le développement de partenariats industriels entre entreprises ivoiriennes et allemandes.

Si les discussions engagées aboutissent à des investissements concrets, la Côte d’Ivoire pourrait voir se développer de nouvelles activités de chocolaterie, biscuiterie et transformation de noix de cajou, avec à la clé des emplois, des transferts de technologie et une plus grande valorisation des productions agricoles nationales.

Cette mission du 7 au 11 septembre 2026 ouvre ainsi de nouvelles perspectives dans les relations économiques entre Abidjan et Berlin, avec comme fil conducteur la transformation locale, l’industrialisation et la création de valeur en Côte d’Ivoire.

Source Ministère

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