En Hongrie, le nouveau Premier ministre Peter Magyar lance la chasse aux fidèles d’Orban

Budapest Lors de son premier discours au Parlement samedi 9 mai, le nouveau Premier ministre hongrois, Péter Magyar, a annoncé une rupture frontale avec l’ancien système politique, affirmant que « l’ère de Viktor Orbán et de ceux qui l’ont soutenu est désormais révolue ».

Le chef du gouvernement, issu du parti de centre droit Tisza, a saisi cette première intervention officielle pour renouveler ses appels à la démission du président Tamás Sulyok, ainsi que de plusieurs hauts responsables nommés sous l’ancien exécutif, notamment dans les institutions judiciaires et les organes de contrôle de l’État.

« Il est temps de partir avec un peu de dignité, tant qu’il en est encore possible », aurait déclaré Péter Magyar devant les députés, leur fixant un ultimatum au 31 mai pour quitter leurs fonctions.

Cette offensive politique s’inscrit dans la ligne annoncée par le nouveau Premier ministre, qui promet de « désorbaniser » les institutions hongroises, c’est-à-dire démanteler le système politico-administratif construit au fil de plus de quinze ans par son prédécesseur, Viktor Orbán.

Selon plusieurs analystes et observateurs cités par la presse internationale, ce système aurait progressivement consolidé un réseau d’influence étendu, allant jusqu’aux collectivités locales, intégrant différents niveaux de l’administration et des institutions publiques.

Des experts estiment toutefois que la transformation annoncée sera particulièrement complexe à mettre en œuvre, en raison de l’enracinement profond de ce système dans l’appareil d’État.

Dans ce contexte de transition politique, certaines figures associées à l’ancien pouvoir auraient commencé à quitter la scène publique. L’ancien ministre polonais de la Justice, Zbigniew Ziobro, aurait ainsi déclaré avoir quitté la Hongrie pour se rendre aux États-Unis, selon des propos rapportés par des médias conservateurs polonais. Il avait obtenu l’asile en Hongrie l’an dernier dans le cadre de poursuites judiciaires engagées dans son pays.

Le nouveau chef du gouvernement a également indiqué que la Hongrie ne serait plus un refuge pour les responsables politiques ou administratifs cherchant à échapper à d’éventuelles poursuites pour corruption ou abus de pouvoir.

Alors que ses partisans saluent une volonté de réforme profonde de l’État, ses opposants dénoncent une méthode jugée brutale et potentiellement déstabilisatrice pour les institutions.

La Hongrie entre ainsi dans une phase politique tendue, marquée par une confrontation ouverte entre le nouveau pouvoir exécutif et les structures héritées des années Orbán.

Maria tobor

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