Port-au-Prince — Le Premier ministre haïtien Alix Didier Fils-Aimé a reconnu que la situation sécuritaire actuelle rend impossible l’organisation d’une élection présidentielle en août, dans un pays qui attend un scrutin depuis près de dix ans.
Initialement prévue pour le 30 août, la présidentielle haïtienne devait réunir plus de 280 partis politiques autorisés à participer. Une configuration jugée aujourd’hui ingérable par les autorités, qui envisagent désormais de réduire ce nombre à une dizaine ou une quinzaine de candidats afin de rendre le processus plus viable.
Dans un contexte marqué par une insécurité chronique, les gangs armés contrôlent l’essentiel de Port-au-Prince et étendent progressivement leur influence vers d’autres régions du pays. Cette situation a provoqué des milliers de morts et le déplacement de plus d’un million de personnes, selon les estimations des organisations humanitaires.
Face à cette dégradation continue, le chef du gouvernement espère désormais pouvoir organiser une élection présidentielle d’ici fin 2026, avec l’objectif d’installer un président élu le 7 février suivant.
Depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse en 2021, le pays traverse une crise politique et sécuritaire profonde. L’effondrement progressif de l’autorité de l’État, l’expansion des groupes armés et les reports électoraux successifs ont plongé Haïti dans une transition prolongée, sans calendrier électoral stable.
Entre blocage institutionnel et violence généralisée, Haïti reste confronté à une impasse politique qui fragilise durablement ses perspectives de retour à l’ordre démocratique.
Charlemagne Bakuss
