Abidjan – Le projet de construction du sixième pont d’Abidjan connaît une avancée importante. Selon des informations publiées le 26 août 2026 par Africa Intelligence, la Société concessionnaire du pont Riviera-Marcory (SOCOPRIM) aurait été préférée à la China Civil Engineering Construction Corporation (CCECC) pour porter la réalisation de cette infrastructure stratégique destinée à relier Abatta, Koumassi et Port-Bouët. Le coût du projet est estimé à environ 200 milliards de FCFA, soit près de 305 millions d’euros.
Un nouveau franchissement majeur de la lagune Ébrié
Le futur ouvrage doit créer une liaison directe entre le nord-est et le sud d’Abidjan, en connectant notamment Abatta, dans la commune de Cocody, à Koumassi puis à Port-Bouët.
Le projet prévoit un franchissement de la lagune Ébrié composé de deux principales sections : Abatta–Koumassi et Koumassi–Port-Bouët, pour une longueur annoncée d’environ 1,5 kilomètre. Il doit être accompagné d’aménagements routiers destinés à assurer sa connexion avec les principaux axes de la capitale économique.
Cette nouvelle infrastructure devrait notamment offrir une alternative aux usagers venant de Cocody, Bingerville et de l’est du Grand Abidjan pour rejoindre Koumassi, Port-Bouët et la zone aéroportuaire.
SOCOPRIM devant le groupe chinois CCECC
Le choix de l’opérateur chargé de porter le projet a fait l’objet de discussions depuis plusieurs années.
La China Civil Engineering Construction Corporation (CCECC) avait été associée aux premières étapes du dossier, un mémorandum d’entente ayant notamment été conclu dans le cadre des études et discussions autour de l’ouvrage. Des études techniques préliminaires et environnementales avaient déjà été restituées en 2022.
Mais selon Africa Intelligence, la SOCOPRIM est désormais favorite pour réaliser le projet, devant le groupe chinois. Cette information a depuis été reprise par plusieurs médias économiques ivoiriens.
Il convient toutefois de souligner qu’à ce stade, la présentation officielle du projet dans le portefeuille ivoirien des partenariats public-privé ne fait pas apparaître publiquement une attribution définitive du contrat. Le projet figure bien dans le portefeuille PPP de l’État sous l’intitulé « Aménagement de la liaison routière Abatta–Koumassi–Port-Bouët – Construction du sixième pont d’Abidjan ».
SOCOPRIM, l’expérience du pont Henri-Konan-Bédié
La SOCOPRIM dispose déjà d’une expérience majeure dans la conception, le financement et l’exploitation d’infrastructures routières à péage en Côte d’Ivoire.
Elle est la société concessionnaire du pont Henri-Konan-Bédié, reliant Riviera à Marcory, l’un des principaux ouvrages structurants du réseau routier abidjanais.
Le sixième pont devrait, lui aussi, être développé selon un modèle de partenariat public-privé (PPP), avec une concession intégrant notamment le financement, la construction, l’exploitation et la maintenance de l’infrastructure.
L’expérience acquise par SOCOPRIM avec le pont HKB apparaît ainsi comme un atout dans le positionnement de l’entreprise sur ce nouveau projet.
Un capital associant l’État et plusieurs investisseurs africains
La SOCOPRIM présente également un actionnariat associant l’État ivoirien et plusieurs investisseurs institutionnels.
Selon les informations actuellement publiées, l’État de Côte d’Ivoire détient 18,65 % du capital, tandis que Africa Finance Corporation (AFC) et le Pan African Infrastructure Development Fund (PAIDF) disposent chacun de 26,02 %.
La Banque nationale d’investissement (BNI) détient 6,53 % et TotalEnergies Côte d’Ivoire 3,78 %. Une participation de 19 % est désormais attribuée à la société ivoirienne Ivoire Infrastructures Routières (2IR) dans les informations reprises par plusieurs médias.
Cette évolution de l’actionnariat donne au projet une dimension particulière, avec une présence importante de capitaux publics ivoiriens et d’investisseurs africains dans une infrastructure appelée à jouer un rôle majeur dans la mobilité du Grand Abidjan.
Un investissement de 200 milliards de FCFA
Avec une enveloppe estimée à 200 milliards de FCFA, le sixième pont figure parmi les grands projets d’infrastructures routières envisagés dans la capitale économique.
L’enjeu est considérable. Abidjan connaît depuis plusieurs années une augmentation soutenue de son parc automobile et de ses déplacements quotidiens, alors que l’expansion de l’agglomération se poursuit vers Bingerville, Anyama, Songon et les zones périphériques.
Le nouvel ouvrage doit donc permettre de créer un itinéraire supplémentaire entre les communes situées autour de la lagune et de réduire la pression sur les axes existants.
Abatta, Koumassi et Port-Bouët davantage connectés
Le tracé retenu est particulièrement stratégique.
À partir d’Abatta, le nouvel axe permettra de desservir directement Koumassi avant de rejoindre Port-Bouët. Cette configuration devrait améliorer les accès vers plusieurs zones économiques majeures, notamment les secteurs industriels et commerciaux du sud d’Abidjan ainsi que l’aéroport international Félix-Houphouët-Boigny.
Pour les automobilistes venant de Bingerville et du nord-est de Cocody, le sixième pont pourrait également réduire la nécessité de rejoindre les itinéraires actuellement les plus chargés avant de se diriger vers le sud de la capitale.
Un projet emblématique de la modernisation du Grand Abidjan
Ces dernières années, la Côte d’Ivoire a multiplié les investissements dans les infrastructures destinées à améliorer la mobilité à Abidjan.
Le développement du réseau de ponts, d’échangeurs, de voies express et de nouvelles liaisons urbaines répond à la transformation rapide d’une métropole qui concentre plusieurs millions d’habitants ainsi qu’une part essentielle des activités économiques du pays.
Après les grandes infrastructures déjà mises en service, le projet Abatta–Koumassi–Port-Bouët représente ainsi une nouvelle étape dans le maillage routier de l’agglomération.
Au-delà de la seule construction d’un pont, il s’agit de redessiner une partie des flux de circulation entre l’est et le sud d’Abidjan, en créant une nouvelle liaison structurante au-dessus de la lagune Ébrié.
Une attribution définitive encore attendue officiellement
Si les informations publiées par Africa Intelligence placent aujourd’hui la SOCOPRIM en position favorable devant CCECC, une annonce officielle des autorités ivoiriennes permettra de préciser les modalités définitives du partenariat, son financement, le calendrier des travaux et les conditions d’exploitation du futur ouvrage.
Avec un investissement annoncé de 200 milliards de FCFA, le sixième pont d’Abidjan constitue en tout état de cause l’un des projets routiers les plus importants actuellement envisagés en Côte d’Ivoire.
Sa réalisation pourrait profondément modifier les déplacements entre Cocody, Bingerville, Koumassi et Port-Bouët, tout en accompagnant l’expansion économique et urbaine du Grand Abidjan.
Si le choix de la SOCOPRIM est officiellement confirmé, l’opérateur du pont Henri-Konan-Bédié se retrouverait ainsi au cœur d’un nouveau chantier emblématique de la modernisation des infrastructures ivoiriennes.
