ve national assure des fonctions de veille, d’alerte précoce, d’intervention et d’aide à la décision.
Il est progressivement déployé dans les zones caractérisées par une forte production de matières premières agricoles.
Dans le Cavally, la Nawa et le Haut-Sassandra, le dispositif a été associé à une cartographie permettant de visualiser différents indicateurs de risque.
L’outil doit notamment faciliter l’identification des zones géographiques critiques et permettre aux pouvoirs publics et aux acteurs concernés de concentrer leurs moyens sur les territoires où les besoins sont les plus importants.
Protection sociale et services de base parmi les indicateurs
La méthodologie ne repose pas uniquement sur l’identification directe de situations de travail des enfants.
Plusieurs facteurs permettant d’apprécier la vulnérabilité des territoires sont également intégrés.
La cartographie prend notamment en considération l’accès à la protection sociale et aux services sociaux de base, ainsi que la couverture des localités par des systèmes de suivi et de remédiation du travail des enfants.
Elle examine également la conformité des pratiques agricoles aux dimensions sociales de la norme ARS 1000.
L’approche permet ainsi de dépasser une simple comptabilisation des situations constatées pour analyser l’environnement économique et social susceptible d’accroître ou de réduire les risques.
Le cacao au cœur des enjeux
Cette démarche revêt une importance particulière pour la Côte d’Ivoire en raison du poids de ses exportations agricoles et notamment du cacao.
Le Cavally, la Nawa et le Haut-Sassandra font partie des territoires où l’agriculture occupe une place économique importante.
Or, les exigences de traçabilité, de durabilité et de responsabilité sociale prennent une importance croissante dans l’accès aux marchés internationaux.
Pour le gouvernement ivoirien, lutter contre le travail des enfants relève donc à la fois de la protection des droits fondamentaux des enfants et de la nécessité de préserver la compétitivité des filières agricoles exportatrices.
Le communiqué gouvernemental indique explicitement que le dispositif doit contribuer à organiser la lutte nationale contre le travail des enfants mais aussi à assurer l’accès des produits ivoiriens d’exportation aux marchés internationaux.
La norme ARS 1000 comme référence
La cartographie intègre également des critères liés à la norme ARS 1000 sur le cacao durable.
Cette référence africaine a été élaborée conjointement par la Côte d’Ivoire et le Ghana, les deux principaux pays producteurs de cacao au monde.
Elle intègre différentes dimensions liées à la durabilité de la production, dont des considérations sociales.
L’intégration de ces critères dans la cartographie doit permettre de rapprocher davantage les politiques de lutte contre le travail des enfants des stratégies de transformation durable de la filière cacao.
Un dispositif soutenu par plusieurs partenaires
Le SOSTECI bénéficie de l’appui de l’Union européenne et du Comité National de Surveillance des actions de lutte contre la traite, l’exploitation et le travail des enfants (CNS), présidé par la Première Dame.
L’objectif est de disposer progressivement d’un système national capable de détecter les risques suffisamment tôt et de permettre une intervention ciblée.
Cette approche repose notamment sur la collecte et l’analyse des données territoriales, afin d’orienter les politiques publiques et les moyens disponibles vers les zones les plus vulnérables.
Les données rendues accessibles au public
Autre élément important : les résultats de la cartographie ne devraient pas rester confinés aux administrations.
Le gouvernement prévoit leur mise à disposition sous forme de cartes statistiques et de matrice Excel.
Une plateforme numérique spécifique doit permettre aux acteurs concernés de consulter les informations disponibles.
Cette ouverture des données pourrait faciliter le travail des administrations, des collectivités territoriales, des organisations professionnelles agricoles, des partenaires internationaux et des acteurs engagés dans la protection de l’enfance.
Protéger les enfants tout en sécurisant les filières agricoles
Avec cette cartographie, la Côte d’Ivoire franchit une nouvelle étape dans la territorialisation de sa politique de lutte contre le travail des enfants.
L’enjeu sera désormais de transformer les données recueillies en interventions concrètes : renforcement de la scolarisation, amélioration de l’accès aux services sociaux, accompagnement des familles vulnérables, surveillance des chaînes d’approvisionnement et amélioration des mécanismes locaux de prévention et de remédiation.
Le classement globalement « modéré » du risque dans les trois régions constitue donc avant tout un outil d’aide à la décision, et non la disparition du phénomène.
Pour la Côte d’Ivoire, l’ambition est double : mieux protéger les enfants dans les bassins de production et consolider la crédibilité de ses filières agricoles sur des marchés internationaux de plus en plus exigeants en matière de durabilité, de traçabilité et de responsabilité sociale.
Reportage ADAM JB
