La Côte d’Ivoire appelle à une réforme du système financier international pour faciliter l’accès aux financements

New work – La Côte d’Ivoire plaide pour une évolution en profondeur du système financier international afin de permettre aux pays en développement, notamment africains, d’accéder plus facilement aux ressources nécessaires au financement de secteurs stratégiques tels que la santé, l’agriculture, les nouvelles technologies et les infrastructures.

Dans cette perspective, les autorités ivoiriennes appellent notamment à une réflexion sur les mécanismes d’intervention du Fonds monétaire international (FMI) et, plus largement, sur l’architecture financière internationale.

L’objectif est de favoriser des conditions de financement mieux adaptées aux réalités économiques et aux besoins de développement des États, tout en maintenant des politiques garantissant la soutenabilité des finances publiques.

Faciliter le financement des secteurs essentiels

Pour la Côte d’Ivoire, la question de l’accès au financement est devenue déterminante face à l’ampleur des investissements nécessaires pour accompagner la croissance démographique, accélérer la transformation économique et répondre aux nouveaux défis technologiques, sociaux et environnementaux.

La santé constitue l’une de ces priorités. Le pays poursuit notamment le développement de la Couverture maladie universelle (CMU), la modernisation des infrastructures sanitaires et la digitalisation du système de santé. En septembre 2026, la Côte d’Ivoire et la Banque mondiale ont d’ailleurs réaffirmé leur volonté d’accélérer leur coopération dans les domaines de la CMU, de la digitalisation et des ressources humaines en santé.

L’agriculture représente un autre enjeu majeur. Premier employeur dans de nombreuses zones rurales et pilier important de l’économie nationale, le secteur doit faire face aux défis de la transformation locale, de la modernisation des exploitations, de l’accès au crédit, de la digitalisation et de l’adaptation au changement climatique.

La technologie et l’intelligence artificielle occupent également une place croissante dans les priorités de développement du pays. Lors des discussions avec la Banque mondiale en septembre 2026, les autorités ivoiriennes ont notamment été invitées à définir leurs futures priorités de financement dans plusieurs domaines, dont l’eau, l’électricité et l’intelligence artificielle.

Un partenariat important avec le FMI

L’appel à faire évoluer les mécanismes financiers internationaux intervient alors que la Côte d’Ivoire entretient une coopération importante avec le FMI.

Le 26 juin 2026, le Conseil d’administration du Fonds a achevé les sixièmes revues des accords conclus avec la Côte d’Ivoire au titre du Mécanisme élargi de crédit et de la Facilité élargie de crédit, ainsi que la cinquième revue de la Facilité pour la résilience et la durabilité.

Cette décision a permis un décaissement immédiat d’environ 832,8 millions de dollars. Le FMI a également souligné les progrès réalisés par le pays en matière de stabilité macroéconomique, de réduction du déficit budgétaire et de viabilité de la dette.

Selon le FMI, la croissance réelle de l’économie ivoirienne devrait s’établir autour de 6 % en 2026, après 6,5 % en 2025, dans un environnement international marqué par plusieurs incertitudes.

Repenser l’architecture financière internationale

Au-delà du cas ivoirien, la question posée est celle de la capacité des mécanismes financiers internationaux à répondre aux besoins considérables de développement des économies émergentes et africaines.

Pour ces États, les investissements nécessaires concernent simultanément les infrastructures, l’éducation, la santé, l’agriculture, l’énergie, la transition climatique et désormais la transformation numérique.

La position défendue par la Côte d’Ivoire met ainsi l’accent sur la recherche de mécanismes permettant de mobiliser davantage de capitaux et d’améliorer les conditions d’accès aux ressources financières internationales.

Cette réflexion s’accompagne d’une volonté de mobiliser davantage le secteur privé. Le 23 septembre 2026 à New York, le ministre ivoirien du Plan et du Développement, Dr Souleymane Diarrassouba, a présenté l’approche de la Côte d’Ivoire en matière de partenariats public-privé lors d’une rencontre de haut niveau organisée en marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies. Les discussions ont notamment porté sur la mobilisation des capitaux privés et les mécanismes de partage des risques.

Donner davantage de marge aux économies africaines

À travers ce plaidoyer, la Côte d’Ivoire met en avant un enjeu central : permettre aux pays en développement de disposer de marges financières suffisantes pour investir dans leur transformation économique sans compromettre la soutenabilité de leur dette.

Une réforme de l’architecture financière internationale pourrait notamment alimenter les discussions sur les instruments concessionnels, la durée des financements, les mécanismes de garantie, le financement climatique et la mobilisation conjointe des capitaux publics et privés.

Pour Abidjan, l’enjeu dépasse donc la seule mobilisation de ressources financières. Il s’agit de créer un environnement international dans lequel les investissements dans la santé, l’agriculture, la technologie, l’énergie ou encore les infrastructures puissent être considérés comme des leviers essentiels de développement à long terme.

La Côte d’Ivoire entend ainsi contribuer au débat international sur une architecture financière mondiale plus accessible aux besoins de développement des économies africaines, tout en poursuivant ses réformes économiques et ses partenariats avec les institutions financières internationales.

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