Côte d’Ivoire : 1 014 km d’autoroutes, 5 CHU, 9 pôles agro-industriels et 5 nouvelles universités annoncés pour renforcer le développement des territoires

Abidjan – La Côte d’Ivoire entend accélérer la transformation de ses régions à travers un vaste programme d’investissements dans les infrastructures routières, la santé, l’éducation et l’agro-industrie. À l’ouverture de la 7ᵉ édition de l’Expo des Régions et Districts « Connect Côte d’Ivoire », le Premier ministre Robert Beugré Mambé a présenté plusieurs grands chantiers inscrits dans le Plan national de développement (PND) 2026-2030.

La 7ᵉ édition de « Connect Côte d’Ivoire, Expo des Régions et Districts » s’est ouverte le mercredi 30 septembre 2026 au Parc des Expositions d’Abidjan, autour du thème « Révéler les territoires, connecter les opportunités ». L’événement, qui se poursuit jusqu’au 2 octobre, rassemble les représentants des 31 régions et des deux districts autonomes ainsi que des acteurs du secteur privé, des institutions financières, des partenaires au développement et des investisseurs.

À cette occasion, le gouvernement a réaffirmé sa volonté de placer les territoires au cœur de la stratégie nationale de développement. Pour l’exécutif, l’enjeu consiste désormais à transformer les potentialités économiques, agricoles, industrielles, touristiques et culturelles des différentes régions en projets susceptibles de générer des investissements, de l’activité économique et des emplois.

Plus de 7 700 kilomètres d’autoroutes et de routes interurbaines programmés

Les infrastructures routières occupent une place majeure dans cette stratégie. Dans le cadre du PND 2026-2030, le gouvernement prévoit notamment l’aménagement et le bitumage de 1 014 kilomètres d’autoroutes ainsi que de 6 774 kilomètres de routes interurbaines.

À ces investissements doivent s’ajouter 141 ouvrages d’art, dont 106 prévus à l’intérieur du pays. L’objectif affiché est notamment d’améliorer les liaisons entre les régions, de désenclaver certaines zones de production et de faciliter la circulation des personnes et des marchandises.

Cette nouvelle phase d’investissements intervient après une progression importante du réseau routier au cours des dernières années. Selon les chiffres rappelés par le Premier ministre, le réseau routier est passé de 6 514 kilomètres en 2011 à environ 8 500 kilomètres en 2024, tandis que le pays disposait de 400 kilomètres d’autoroutes en 2025.

L’amélioration des axes routiers constitue également un levier économique. Une meilleure connexion entre les bassins de production agricole, les centres urbains, les ports et les marchés peut contribuer à réduire les difficultés logistiques et à renforcer l’attractivité des régions pour les entreprises.

Neuf pôles agro-industriels pour stimuler les économies régionales

Le développement territorial doit également s’appuyer sur l’agriculture et sa transformation. Le PND 2026-2030 prévoit ainsi la mise en place de neuf pôles agro-industriels régionaux.

Ces pôles doivent contribuer à structurer les chaînes de valeur agricoles et à favoriser davantage de transformation locale. La stratégie territoriale du PND est notamment articulée autour de 16 filières agricoles prioritaires.

L’objectif est de faire en sorte que les régions ne soient plus seulement des espaces de production de matières premières, mais puissent également accueillir des activités de transformation, de stockage, de conditionnement et de commercialisation.

Cette approche pourrait favoriser l’émergence de PME locales et renforcer les opportunités d’investissement dans l’agro-industrie.

Santé : cinq nouveaux CHU et 21 hôpitaux généraux

Le volet sanitaire constitue un autre pilier des investissements annoncés.

Le PND prévoit cinq Centres hospitaliers universitaires (CHU), 21 hôpitaux généraux ainsi que 1 200 établissements sanitaires de premier contact.

L’objectif est notamment de rapprocher davantage les services de santé des populations et de renforcer les capacités sanitaires des territoires.

Des progrès ont déjà été enregistrés dans ce domaine. Selon les données présentées à l’ouverture de Connect Côte d’Ivoire, le pays compte aujourd’hui plus de 3 000 établissements sanitaires de premier contact, tandis que la proportion de la population vivant à moins de cinq kilomètres d’une structure sanitaire est passée de 66 % à 82 %.

Le développement de nouvelles infrastructures sanitaires dans les régions devrait également réduire la concentration de certaines prestations spécialisées dans les grands centres urbains.

Éducation : près de 9 500 nouvelles salles de classe

L’éducation et l’enseignement supérieur figurent également parmi les priorités annoncées.

Le programme prévoit la construction de 9 485 salles de classe, ainsi que 294 lycées et collèges. À cela doivent s’ajouter cinq nouvelles universités dans les régions.

Le gouvernement entend ainsi accompagner la croissance démographique, améliorer les capacités d’accueil du système éducatif et rapprocher l’enseignement supérieur des jeunes vivant à l’intérieur du pays.

Le Premier ministre a rappelé que la Côte d’Ivoire comptait 902 lycées et collèges en 2024, contre 294 en 2011, ainsi que neuf universités publiques en 2025 contre trois en 2011.

La création de nouvelles universités régionales pourrait également avoir un impact économique local en favorisant l’installation d’étudiants, d’enseignants, de services et d’entreprises autour des nouveaux pôles universitaires.

Des territoires appelés à devenir des pôles d’investissement

Au-delà des infrastructures, Connect Côte d’Ivoire veut précisément mettre en relation les territoires et les investisseurs.

Pour Robert Beugré Mambé, l’enjeu est de transformer les richesses locales en véritables opportunités économiques. Le Premier ministre a résumé cette philosophie en déclarant qu’« un territoire isolé est une potentialité. Un territoire connecté devient une opportunité ».

Le gouvernement souhaite donc que les collectivités territoriales identifient davantage leurs projets structurants et puissent les présenter aux investisseurs, entreprises et partenaires financiers.

Cette logique concerne aussi bien l’agriculture et l’agro-industrie que le tourisme, l’industrie, les infrastructures, l’énergie, l’économie numérique, la culture, l’artisanat et les services.

Connect Côte d’Ivoire, une vitrine des 31 régions et des deux districts autonomes

Pendant trois jours, Connect Côte d’Ivoire se veut ainsi une plateforme de rencontres entre les 31 régions et les deux districts autonomes, les institutions publiques, les entreprises, les partenaires au développement, la diaspora et les investisseurs.

L’événement prévoit notamment des expositions ainsi que des rencontres professionnelles destinées à présenter les projets et opportunités économiques disponibles dans les territoires.

La commissaire générale de Connect Côte d’Ivoire, Nadine Bla, souhaite notamment faire évoluer la manifestation d’une simple vitrine des régions vers un espace où les potentialités locales peuvent déboucher sur des opportunités économiques concrètes. Un protocole d’accord a par ailleurs été signé avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) au cours de l’événement.

L’État appelle le secteur privé, les investisseurs et la diaspora à participer

La transformation des régions ne devrait toutefois pas reposer uniquement sur l’État.

Le Premier ministre a insisté sur la nécessité d’une coopération entre l’État, les collectivités territoriales, le secteur privé, les institutions financières, les partenaires au développement, la diaspora, les universités, la société civile et les populations.

L’Assemblée des Régions et Districts de Côte d’Ivoire (ARDCI) a également profité de l’ouverture du forum pour appeler les investisseurs à porter davantage leur attention sur les potentialités économiques des territoires.

L’enjeu est désormais de faire correspondre les besoins des régions avec les capacités financières, techniques et industrielles des investisseurs.

Vers une nouvelle étape du développement territorial

Avec 1 014 km d’autoroutes, 6 774 km de routes interurbaines bitumées, 141 ouvrages d’art, neuf pôles agro-industriels, cinq CHU, 21 hôpitaux généraux, 1 200 établissements sanitaires de premier contact, 9 485 salles de classe, 294 lycées et collèges et cinq nouvelles universités, le PND 2026-2030 affiche une importante ambition territoriale.

Mais au-delà des infrastructures annoncées, le principal défi sera celui de leur mise en œuvre et de leur capacité à générer une activité économique durable dans les différentes régions.

Connect Côte d’Ivoire veut justement contribuer à cette dynamique en rapprochant les collectivités des acteurs capables de financer, construire et exploiter les projets.

Pour les autorités ivoiriennes, le développement national passe ainsi par une meilleure valorisation des ressources locales et une connexion accrue entre les territoires, les marchés et les capitaux.

L’ambition affichée est celle d’une Côte d’Ivoire dans laquelle chaque région peut contribuer davantage à la création de richesse, à l’emploi et à l’amélioration des conditions de vie des populations, tout en renforçant l’intégration économique du territoire national.

J’ai volontairement distingué les réalisations déjà enregistrées des investissements programmés dans le PND 2026-2030, afin d’éviter de présenter les 1 014

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