Le Port Autonome d’Abidjan (PAA) et l’Organisation Centrale des Producteurs, Exportateurs d’Ananas et de Bananes (OCAB) veulent renforcer leur coopération afin d’améliorer les conditions d’exportation des produits agricoles périssables. Une délégation de l’OCAB a été reçue, mardi 29 septembre 2026, par le Directeur général du PAA, Kassoum Traoré. Au centre des échanges : la fluidité du trafic portuaire, la réduction des délais et la recherche de solutions adaptées aux contraintes particulières des fruits destinés aux marchés internationaux.
Une rencontre consacrée aux difficultés des exportateurs
L’exportation des produits périssables impose une organisation logistique particulièrement rigoureuse. Pour la banane, l’ananas et les autres fruits frais, tout retard dans l’acheminement, le passage portuaire ou l’embarquement peut affecter la qualité des marchandises et, à terme, leur valeur commerciale.
C’est dans ce contexte que le Directeur général du Port Autonome d’Abidjan, Kassoum Traoré, a reçu une délégation de l’Organisation Centrale des Producteurs, Exportateurs d’Ananas et de Bananes, conduite par son Directeur exécutif, Gabriel Ouidi.
La rencontre du 29 septembre a permis aux représentants de la filière d’exposer les difficultés rencontrées dans leurs opérations d’exportation. Les discussions ont particulièrement porté sur la fluidité du trafic ainsi que sur les conditions de prise en charge des marchandises périssables au sein de la plateforme portuaire.
Le facteur temps au cœur des préoccupations
Contrairement à de nombreuses autres marchandises, les produits agricoles frais disposent d’une durée de conservation limitée. Leur exportation repose donc sur une chaîne logistique dans laquelle les délais constituent un facteur déterminant.
De la plantation au conditionnement, puis du transport terrestre à l’arrivée au port jusqu’à l’embarquement sur les navires, chaque étape doit être maîtrisée.
La fluidité des accès au port devient ainsi un enjeu économique pour les producteurs et exportateurs. Les temps d’attente et les contraintes opérationnelles peuvent avoir des conséquences sur la conservation des marchandises et sur le respect des engagements pris vis-à-vis des clients internationaux.
C’est précisément cette spécificité qui explique l’importance accordée par le PAA et l’OCAB à la recherche de mécanismes permettant une meilleure prise en charge des cargaisons périssables.
Le PAA se dit disponible pour rechercher des solutions durables
Face aux préoccupations exprimées par les professionnels, Kassoum Traoré a réaffirmé la disponibilité du Port Autonome d’Abidjan à travailler avec l’OCAB afin d’identifier des réponses adaptées et durables.
Le Directeur général a notamment invité les représentants de la filière à poursuivre les discussions avec les équipes techniques et opérationnelles du port.
Cette concertation doit permettre d’identifier plus précisément les contraintes rencontrées par les exportateurs et de définir des mesures compatibles avec les impératifs de fonctionnement du port et les exigences particulières liées aux marchandises périssables.
L’objectif est donc d’inscrire le dialogue dans la durée plutôt que de répondre uniquement à des difficultés ponctuelles.
Une filière qui représente 15 000 emplois directs
Les enjeux dépassent largement les seules opérations portuaires.
Selon les données communiquées par le Port Autonome d’Abidjan, la filière de la banane dessert représente environ 3 650 hectares regroupés au sein de l’OCAB.
Elle génère également environ 15 000 emplois directs et 170 000 emplois indirects, ce qui illustre son poids économique et social en Côte d’Ivoire.
Derrière les opérations d’exportation se trouve ainsi toute une chaîne d’activités : producteurs agricoles, ouvriers des plantations, entreprises de conditionnement, transporteurs, logisticiens, manutentionnaires et différents prestataires intervenant jusqu’à l’expédition des marchandises.
Toute amélioration de la chaîne d’exportation peut donc avoir des répercussions sur l’ensemble de cet écosystème.
Le Port d’Abidjan dispose d’un terminal fruitier
La question est d’autant plus stratégique que le Port d’Abidjan dispose d’infrastructures consacrées à ce type de trafic.
Le PAA indique que son terminal fruitier traite en moyenne 250 000 tonnes de fruits par an.
Cette capacité confirme le rôle de la plateforme portuaire dans l’acheminement des productions agricoles ivoiriennes vers les marchés extérieurs.
L’enjeu ne consiste donc pas uniquement à disposer d’infrastructures, mais également à optimiser l’ensemble de la chaîne opérationnelle : arrivée des camions, accès aux installations, traitement des marchandises, coordination avec les différents intervenants et embarquement.
Pour les produits périssables, la performance d’un port se mesure aussi à sa capacité à réduire les temps d’attente et à assurer une continuité logistique entre les zones de production et le navire.
Préserver la compétitivité des exportations ivoiriennes
La démarche engagée entre le PAA et l’OCAB touche également à la compétitivité internationale des produits agricoles ivoiriens.
Sur les marchés internationaux, la qualité du produit à son arrivée constitue un élément déterminant. La performance logistique devient donc indissociable de la performance agricole.
Une banane produite dans de bonnes conditions mais pénalisée par des délais excessifs dans la chaîne d’acheminement risque de perdre une partie de sa qualité commerciale.
À l’inverse, une meilleure coordination entre producteurs, transporteurs, autorités portuaires, manutentionnaires et compagnies maritimes peut contribuer à sécuriser les délais d’expédition et à améliorer la régularité des exportations.
La fluidité portuaire devient ainsi un élément de compétitivité pour toute la filière.
Faire du dialogue PAA-OCAB un mécanisme opérationnel
La rencontre entre Kassoum Traoré et Gabriel Ouidi ouvre désormais une phase plus opérationnelle.
Le PAA a demandé à l’OCAB de poursuivre les échanges avec ses équipes afin d’examiner les solutions pouvant répondre concrètement aux contraintes rencontrées par les exportateurs.
Les prochaines discussions devraient donc permettre de préciser les difficultés, d’identifier les étapes les plus sensibles de la chaîne logistique et d’envisager les mesures susceptibles d’améliorer la circulation et la prise en charge des produits périssables.
La question de la coordination entre les différents acteurs sera centrale, car l’efficacité d’une chaîne d’exportation dépend de l’articulation entre transport terrestre, opérations portuaires et transport maritime.
Un enjeu stratégique pour l’agriculture d’exportation ivoirienne
Au-delà de la banane et de l’ananas, cette concertation pose une question plus large : celle de la capacité de la Côte d’Ivoire à disposer d’une logistique portuaire suffisamment performante pour accompagner le développement de ses exportations agricoles.
Pour les producteurs, disposer d’un accès rapide et prévisible au port permet de mieux programmer les récoltes, le conditionnement et les expéditions. Pour les acheteurs étrangers, la régularité des livraisons contribue à sécuriser les relations commerciales.
Avec un terminal fruitier traitant en moyenne 250 000 tonnes de fruits chaque année et une filière banane qui fait vivre directement ou indirectement des dizaines de milliers de personnes, l’amélioration des conditions d’exportation constitue donc un enjeu économique important.
La rencontre entre le Port Autonome d’Abidjan et l’OCAB traduit ainsi une volonté de rapprocher davantage l’infrastructure portuaire des besoins des filières productives.
Pour les deux parties, le défi est désormais de transformer cette concertation en mesures opérationnelles permettant de réduire les contraintes logistiques, préserver la qualité des produits et renforcer la compétitivité des exportations agricoles ivoiriennes sur les marchés internationaux.
Source port Autonome Abidjan
