New york – La coopération entre la Côte d’Ivoire et le Groupe de la Banque mondiale franchit une nouvelle étape. À la fin de l’exercice fiscal 2025-2026, le portefeuille actif annoncé par le gouvernement ivoirien s’établit à 6,3 milliards de dollars US, répartis entre 25 projets stratégiques intervenant dans plusieurs secteurs prioritaires du développement national.
Ces chiffres ont été présentés le 21 septembre 2026 à Abidjan à l’occasion de l’ouverture de la première édition des Journées portes ouvertes du Groupe de la Banque mondiale, organisées autour du thème « Emplois et Opportunités – Bâtir ensemble pour une croissance inclusive ».
L’événement a réuni des membres du gouvernement, des responsables du Groupe de la Banque mondiale, des représentants du secteur privé, des partenaires au développement, des étudiants, des jeunes et des acteurs de la société civile.
Un portefeuille parmi les plus importants de la sous-région
Représentant le ministre du Plan et du Développement, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a présenté l’ampleur du partenariat entre Abidjan et l’institution financière internationale.
Selon les données publiées par le portail officiel du gouvernement, les 25 projets actifs représentent un montant global de 6,3 milliards de dollars, soit environ 3 500 milliards de FCFA selon le taux de change retenu.
Le ministre a qualifié le portefeuille de particulièrement important et structurant à l’échelle sous-régionale.
Les interventions couvrent notamment des domaines directement liés à l’amélioration des conditions de vie des populations : santé, protection sociale, énergie, emploi des jeunes, infrastructures, formation et développement du secteur privé.
Jusqu’à 40 % de décaissement visé
La question n’est toutefois plus seulement celle du volume des financements mobilisés. Les autorités souhaitent également accélérer leur transformation en projets effectivement réalisés sur le terrain.
Pour l’exercice 2026-2027, Amadou Coulibaly a indiqué que le taux de décaissement de la Banque mondiale était d’au moins 32 %, avec un objectif pouvant atteindre 40 % afin d’améliorer l’impact des investissements.
Cette accélération est déterminante : plus les ressources sont décaissées et les projets exécutés rapidement, plus les infrastructures, services et programmes concernés peuvent produire leurs effets auprès des bénéficiaires.
Trois millions d’emplois en ligne de mire
L’un des principaux enjeux de cette coopération concerne désormais l’emploi des jeunes.
Le gouvernement a indiqué vouloir contribuer à la création de trois millions d’emplois, en cohérence avec les orientations du Plan national de développement (PND) 2026-2030.
Cette priorité rejoint celle affichée par la Banque mondiale. Marie-Chantal Uwanyiligira, directrice de division de l’institution pour la Côte d’Ivoire, le Bénin, la Guinée et le Togo, a souligné à Abidjan l’importance du secteur privé dans la création d’emplois et la nécessité d’accélérer les programmes destinés à répondre aux attentes d’une population jeune.
L’enjeu consiste donc à créer un environnement dans lequel les financements publics et internationaux peuvent également servir de catalyseurs aux investissements privés.
La SFI a mobilisé 2,7 milliards de dollars entre 2021 et 2025
La coopération avec le Groupe de la Banque mondiale ne se limite pas au financement des projets publics.
Le gouvernement ivoirien a également mis en avant l’action de la Société financière internationale (SFI), la branche du Groupe spécialisée dans le secteur privé.
Selon Amadou Coulibaly, la SFI a mobilisé et investi près de 2,7 milliards de dollars entre 2021 et 2025, contribuant au développement du secteur privé, à l’amélioration de l’environnement des affaires et à la création d’opportunités économiques.
Cette articulation entre financement public et investissement privé constitue l’un des axes de la stratégie du Groupe de la Banque mondiale.
La Banque mondiale intervient notamment dans les politiques publiques et les projets de développement, tandis que la SFI accompagne les entreprises et les investissements privés. La MIGA, autre composante du Groupe, propose de son côté des mécanismes de garantie destinés à réduire certains risques associés aux investissements.
Santé, énergie et protection sociale parmi les secteurs prioritaires
Le ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, a profité des Journées portes ouvertes pour rappeler les résultats obtenus grâce aux différentes interventions de la Banque mondiale.
La santé, la protection sociale, l’énergie, la jeunesse et l’emploi figurent notamment parmi les secteurs cités.
Pour le ministre, la réussite de ces programmes dépend notamment de la capacité des partenaires à aligner les interventions financées sur les priorités nationales et les besoins des populations.
Les Journées portes ouvertes répondent précisément à cette volonté de rendre plus visibles les résultats des programmes financés et de rapprocher l’institution de leurs bénéficiaires.
Des projets désormais préparés en neuf mois
Autre évolution mise en avant : l’accélération de la préparation des projets.
Marie-Chantal Uwanyiligira a indiqué que la Banque mondiale prépare désormais ses projets en Côte d’Ivoire en neuf mois en moyenne. Elle a notamment cité un programme dans le secteur du gaz dont la préparation aurait été réalisée en cinq mois.
La responsable a insisté sur la volonté de l’institution de partir davantage des besoins exprimés par les bénéficiaires et de réduire les délais entre l’identification d’un besoin, la préparation du financement et sa mise en œuvre.
Elle a également présenté l’emploi comme une priorité, soulignant que la rapidité d’exécution devient particulièrement importante face aux attentes des jeunes.
La Côte d’Ivoire saluée pour ses réformes
Les Journées portes ouvertes ont également été l’occasion de mettre en avant les réformes économiques engagées par le pays.
Le communiqué gouvernemental indique que Marie-Chantal Uwanyiligira a félicité la Côte d’Ivoire en la présentant comme premier pays réformateur d’Afrique de l’Ouest.
Les réformes demeurent un élément central du partenariat avec la Banque mondiale : amélioration de la gouvernance économique, mobilisation des recettes publiques, développement du secteur privé, efficacité des investissements et renforcement des services publics.
La Banque mondiale relevait déjà dans son rapport économique de juin 2025 une progression de deux points du ratio recettes fiscales/PIB en trois ans, tout en estimant que le niveau d’environ 14 % restait inférieur à l’objectif régional de 20 %.
Les Journées portes ouvertes pour montrer les résultats aux populations
Au-delà des chiffres, cette première édition des Journées portes ouvertes poursuit un objectif de proximité.
Durant deux jours, les visiteurs ont pu découvrir différents projets, rencontrer les équipes chargées de leur mise en œuvre et mieux comprendre les mécanismes d’intervention du Groupe de la Banque mondiale.
Marie-Chantal Uwanyiligira a défendu à cette occasion une Banque mondiale davantage accessible et à l’écoute des bénéficiaires. Elle a notamment expliqué que l’institution cherchait à construire ses programmes à partir des besoins exprimés localement plutôt qu’à partir d’une approche exclusivement élaborée depuis Washington.
Pour Adama Coulibaly, l’initiative doit également permettre de donner davantage de visibilité aux résultats du partenariat entre la Côte d’Ivoire et l’institution de Bretton Woods.
Transformer les milliards mobilisés en résultats concrets
Derrière le montant du portefeuille se pose désormais la question de son impact réel.
Les 25 projets stratégiques doivent contribuer à répondre à plusieurs défis simultanés : création d’emplois, accès à l’énergie, amélioration des services de santé, protection sociale, développement des compétences et soutien à l’investissement privé.
L’enjeu pour la Côte d’Ivoire et la Banque mondiale sera donc moins de mesurer leur coopération uniquement à travers les milliards de dollars mobilisés que par les transformations produites sur le terrain.
Avec l’accélération des décaissements, la réduction des délais de préparation et la priorité donnée à l’emploi, Abidjan et la Banque mondiale entendent faire de leur partenariat un instrument majeur de mise en œuvre du PND 2026-2030 et de croissance inclusive.
Précision sur les chiffres : le portail officiel du Gouvernement de Côte d’Ivoire fait état de 6,3 milliards de dollars pour 25 projets, tandis qu’un communiqué du ministère du Plan et du Développement publié le même jour indique 5,3 milliards de dollars pour 25 projets. Cette divergence entre deux sources officielles devra être clarifiée.
