Justice pénale : la Côte d’Ivoire porte sa voix au 15ᵉ Congrès des Nations Unies à Abu Dhabi

ABU DHABI – La Côte d’Ivoire participe au 15ᵉ Congrès des Nations Unies pour la prévention du crime et la justice pénale, organisé du 26 septembre au 1ᵉʳ octobre 2026 à Abu Dhabi, aux Émirats arabes unis. Conduite par S.E.M. Diaby Vacaba, Ambassadeur de Côte d’Ivoire aux Émirats arabes unis, la délégation ivoirienne prend part à ce rendez-vous mondial consacré notamment au renforcement de l’État de droit, à la modernisation des systèmes de justice pénale, à la lutte contre la criminalité transnationale et aux nouveaux défis liés au numérique.

Le 15ᵉ Congrès des Nations Unies pour la prévention du crime et la justice pénale réunit à l’ADNEC Centre Abu Dhabi des représentants des États, des organisations internationales, des magistrats, procureurs, responsables des forces de l’ordre, experts, universitaires, représentants de la société civile et acteurs du secteur privé. Le rendez-vous se tient du 26 septembre au 1ᵉʳ octobre 2026.

La délégation ivoirienne est conduite par S.E.M. Diaby Vacaba, Ambassadeur de Côte d’Ivoire aux Émirats arabes unis. Elle comprend notamment S.E.M. Cissé Yacouba, Ambassadeur de Côte d’Ivoire en Autriche et Représentant permanent auprès des organisations internationales basées à Vienne, ainsi que des responsables des ministères ivoiriens en charge de la Défense et de la Justice.

Cette participation offre à Abidjan l’occasion de présenter ses priorités en matière de prévention du crime, de justice pénale, de coopération internationale et de réforme du système pénitentiaire.

La Côte d’Ivoire désignée vice-présidente du Congrès pour le Groupe africain

La participation ivoirienne est également marquée par une responsabilité institutionnelle importante.

Dans son intervention devant la plénière, l’Ambassadeur Diaby Vacaba a annoncé que la Côte d’Ivoire avait été désignée vice-présidente du 15ᵉ Congrès des Nations Unies pour la prévention du crime et la justice pénale au titre du Groupe africain.

Le diplomate ivoirien a remercié l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) pour cette marque de confiance et assuré les participants du soutien de la délégation ivoirienne aux travaux du Congrès.

Cette fonction place la Côte d’Ivoire dans le dispositif institutionnel d’un rendez-vous qui contribue à définir les grandes orientations internationales en matière de prévention du crime et de justice pénale pour les prochaines années.

Moderniser les établissements pénitentiaires

L’une des principales priorités défendues par la délégation ivoirienne concerne le système pénitentiaire.

Devant le Congrès, la Côte d’Ivoire a plaidé pour un renforcement de la coopération internationale en faveur de la modernisation des établissements pénitentiaires.

Cette approche vise à inscrire la prison dans une politique plus large de justice pénale, intégrant les conditions de détention, la professionnalisation des personnels et la préparation du retour dans la société.

La question pénitentiaire constitue en effet l’un des domaines dans lesquels la coopération internationale peut favoriser les échanges d’expériences, la formation, l’amélioration des pratiques professionnelles et l’adaptation des institutions aux standards internationaux.

La formation des personnels pénitentiaires parmi les priorités

La Côte d’Ivoire a également insisté sur la formation des personnels pénitentiaires.

Les agents exerçant dans les établissements pénitentiaires occupent une place déterminante dans la sécurité des structures, la gestion quotidienne de la détention, le respect des droits des personnes incarcérées et la préparation de leur réinsertion.

La délégation ivoirienne souhaite donc voir la coopération internationale contribuer davantage au développement des compétences des personnels et à la modernisation des pratiques professionnelles.

Réinsertion des détenus et alternatives à l’emprisonnement

Autre axe important de l’intervention ivoirienne : la réinsertion des personnes détenues et le développement des alternatives à l’emprisonnement.

La Côte d’Ivoire a inscrit cette position dans l’esprit des Règles de Tokyo des Nations Unies, qui encouragent le recours à des mesures non privatives de liberté adaptées afin d’éviter un usage excessif de l’incarcération.

La délégation ivoirienne a ainsi appelé au renforcement de la coopération dans quatre domaines : la modernisation des institutions pénitentiaires, la formation des personnels, la réinsertion des détenus et le développement des alternatives à l’emprisonnement.

Cette orientation replace la prévention de la récidive et la réintégration sociale au cœur de la politique pénale.

Criminalité organisée, cybercriminalité et intelligence artificielle au programme

Le Congrès d’Abu Dhabi intervient dans un contexte où les formes de criminalité évoluent rapidement sous l’effet de la mondialisation et des technologies numériques.

Les discussions portent notamment sur la criminalité organisée et transnationale, la cybercriminalité, la fraude en ligne, la traite des personnes, le trafic de drogues, le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la criminalité environnementale.

Les participants examinent également les enjeux liés aux preuves électroniques, aux actifs virtuels, aux technologies financières ainsi qu’à l’utilisation responsable de l’intelligence artificielle et des technologies avancées dans les systèmes de justice pénale.

Pour la Côte d’Ivoire, ces problématiques renforcent l’importance de la coopération entre États, les réseaux criminels et les flux financiers illicites pouvant dépasser largement les frontières nationales.

Un Congrès placé sous le signe du numérique et de l’État de droit

Cette 15ᵉ édition se tient autour du thème consacré à l’accélération de la prévention du crime, de la justice pénale et de l’État de droit, à la protection des populations et de la planète ainsi qu’à la réalisation de l’Agenda 2030 à l’ère numérique.

Le Congrès constitue le plus important forum spécialisé des Nations Unies dans ce domaine et se réunit tous les cinq ans. Il rassemble gouvernements, organisations internationales, professionnels de la justice, forces de l’ordre, chercheurs, société civile, secteur privé et jeunes.

Selon les organisateurs, l’édition d’Abu Dhabi rassemble plusieurs milliers de participants venus de nombreux pays.

La Déclaration d’Abu Dhabi adoptée

L’un des principaux résultats politiques du Congrès est l’adoption de la Déclaration d’Abu Dhabi.

Ce document doit servir de cadre aux priorités internationales en matière de prévention du crime, de justice pénale et d’État de droit au cours des cinq prochaines années.

La déclaration est structurée autour de quatre grands axes : prévention et résilience ; justice et État de droit ; évolution et convergence des menaces criminelles ; innovation et coopération.

Les questions concernant les femmes, les enfants, l’intelligence artificielle et l’environnement figurent également parmi les priorités mises en avant dans ce cadre.

La Côte d’Ivoire apporte son soutien à la Déclaration d’Abu Dhabi

Devant la plénière, la délégation ivoirienne a exprimé le soutien de la Côte d’Ivoire à la Déclaration d’Abu Dhabi, notamment à ses engagements concernant la prévention du crime, le renforcement de la coopération internationale et la construction de systèmes de justice pénale efficaces et inclusifs, respectueux de l’État de droit.

La Côte d’Ivoire a également exprimé sa volonté d’approfondir sa coopération avec les autres États membres sur les opportunités et les défis associés à la transformation numérique.

Cette dimension apparaît particulièrement importante à mesure que les technologies numériques transforment simultanément les méthodes utilisées par les réseaux criminels et les moyens dont disposent les autorités judiciaires et sécuritaires pour les combattre.

Renforcer la coopération avec les Nations Unies et les États partenaires

La présence à Abu Dhabi des représentants ivoiriens de la diplomatie, de la Justice et de la Défense traduit également le caractère transversal des problématiques abordées.

Face aux formes contemporaines de criminalité, la réponse ne relève plus exclusivement des institutions judiciaires. Elle nécessite une coopération entre magistrats, forces de sécurité, administrations pénitentiaires, services financiers, diplomates et organisations internationales.

La Côte d’Ivoire entend ainsi renforcer ses échanges avec l’ONUDC, les Émirats arabes unis et les autres États membres.

Dans son intervention, l’Ambassadeur Diaby Vacaba a réaffirmé la volonté du pays de contribuer à la construction de sociétés plus sûres, plus justes et plus résilientes, tout en plaçant la dignité humaine au cœur des politiques de justice pénale.

Une tribune internationale pour les priorités ivoiriennes

La participation de la Côte d’Ivoire au 15ᵉ Congrès d’Abu Dhabi va donc au-delà d’une simple présence diplomatique.

Sa désignation comme vice-présidente du Congrès pour le Groupe africain lui offre une visibilité particulière dans les discussions internationales sur l’avenir de la justice pénale.

En mettant l’accent sur la modernisation des prisons, la formation des personnels pénitentiaires, la réinsertion des personnes détenues, les alternatives à l’incarcération, la coopération internationale et la transformation numérique, Abidjan expose les domaines dans lesquels il souhaite approfondir les échanges d’expertise et les partenariats.

Les conclusions du rendez-vous d’Abu Dhabi pourraient ainsi servir de cadre à de futures coopérations techniques et institutionnelles entre la Côte d’Ivoire, les Nations Unies et ses partenaires internationaux dans les domaines de la justice, de la sécurité et de l’administration pénitentiaire.

Source Ministère des Affaires étarngères

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