L’harmonisation du libre-échange, levier de la relance économique en Afrique

La Zone de libre-échange continentale africaine constitue une réelle opportunité de développement, en ce qu’elle redéfinit le positionnement de l’Afrique sur le marché, ainsi que ses relations avec les Etats tiers. Un nouveau paradigme qui permettra à l’Afrique de sortir de la dépendance extérieure pour aller vers des relations réciproques et équilibrés avec les pays tiers.

Alors que le Sommet sur le futur des économies africaines s’achève, il est plus que jamais essentiel pour nos entreprises d’agir aux côtés des pouvoirs publics afin de contribuer au financement des Etats africains.

Du fait de ses liens historiques, culturels et commerciaux avec le continent africain, l’Afrique est un partenaire de choix pour les entreprises françaises. Une certitude miseen lumièredans le dernier rapport Borderless Business de Standard Chartered : 27% des directeurs financiers français placent l’Afrique parmi les trois régions qui offrent le plus d’opportunités de développement, contre 20% dans les autres pays.

L’année 2021 devrait être une année de transformation pour le continent, avec la Zone de Libre-Echange Continentale Africaine (ZLECA) lancée le 1er janvier.

Harmonisation régionale

Depuis le Traité d’Abuja en 1991, les relations commerciales entre l’Afrique et les pays tiers n’ont cessé de se complexifier. Au fil des années, cette absence d’hétérogénéité normative a non seulement impacté le commerce intrarégional, mais aussi les possibilités de développement à l’international.

Standard Chartered Bank le sait mieux que quiconque, la compréhension des réglementations régionales est un défi de taille pour les acteurs souhaitant s’établir sur un nouveau marché. Un domaine de préoccupation croissante pour 36 % des entreprises françaises, selon Borderless Business. Chaque jour, nos experts les accompagnent et les aident à appréhender un cadre réglementaire et juridique local, parfois complexe, grâce à leurs connaissances pointues des régions d’Afrique.

Toutefois, si la Zleca parvient à réduire les formalités administratives et simplifier les procédures douanières, l’Afrique pourrait devenir une destination plus attrayante pour les investissements étrangers. L’uniformisation et la transparence des politiques pourraient également inciter les entreprises françaises à se diversifier sur des marchés moins connus du continent.

Acteur à part entière du commerce international

La Zleca constitue une réelle opportunité de développement, en ce qu’elle redéfinit le positionnement de l’Afrique sur le marché, ainsi que ses relations avec les Etats tiers.

Ce nouveau paradigme, je l’espère, permettra à l’Afrique de sortir de la dépendance extérieure pour aller vers des relations réciproques et équilibrés avec les pays tiers, lui permettant de renforcer son statut d’acteur du commerce international. Elle permettra aux entreprises d’adapter leurs chaînes d’approvisionnement aux besoins socio-économiques de l’Afrique. Ainsi, les possibilités d’échanges avec ses partenaires commerciaux, de longue date, dont la France, s’en trouveront renforcés.

Un défi à relever

Pour que l’intensification des convergences se réalise pleinement, elle doit intervenir au niveau institutionnel et politique et contribuera ainsi au développement des relations externes à la Zleca. Je pense notamment à la transparence des marchés publics, modernisation des contrôles douaniers, ou l’harmonisation fiscale.

A ce titre, la Zleca pourra également apporter une perspective d’industrialisation inclusive et durable à travers l’Afrique. Nous pensons que les opportunités d’investissement permettront aux entreprises étrangères d’investir dans des projets durables.

2021, une année d’opportunités sur le continent africain

Confrontées à une période d’incertitude prolongée, il est encourageant de constater que les entreprises françaises ont des perspectives ambitieuses pour l’année 2021.

Les conclusions tirées du Borderless Report nous permettent d’être plus à l’écoute des priorités et des défis qui préoccupent actuellement les chefs d’entreprise français. Nous sommes confiants sur les opportunités grandissantes d’échanges commerciaux avec l’Afrique, et espérons accompagner nos clients dans des projets à impacts sociaux et environnementaux.

(*) Caroline Eber Ittel est PDG de Standard Chartered Bank.

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