Aérien : le Cap-Vert veut annuler la privatisation de sa compagnie nationale

Le transporteur islandais Loftleiðir Icelandic a racheté en 2019 pour 1,3 million d’euros 51% des parts de Cabo Verde Airlines. Deux ans plus tard, le gouvernement de cet archipel ouest-africain veut annuler le deal, décriant le non-respect de certaines clauses de l’accord par le partenaire stratégique et invoquant une nécessaire préservation de l’intérêt national.

C’est le Premier ministre capverdien, Ulisses Correia e Silva, qui en a fait l’annonce lors d’un entretien à la télévision nationale. Le gouvernement entend reprendre le contrôle de Cabo Verde Airlines (CVA).

« La décision du gouvernement est déjà prise. Il est désormais question de lancer un processus de négociation d’annulation (de l’accord de privatisation) qui garantit la protection des intérêts du pays et des intérêts du partenaire », a-t-il réitéré à Inforpress en marge d’une visite sur l’île de Sal cette semaine, précisant que la procédure devrait être finalisée « dans les plus brefs délais ».

En mars 2019, le groupe islandais Loftleiðir Icelandic via sa filiale Loftleidir Cabo Verde et un groupe d’investisseurs islandais avaient acquis 51% des parts de la compagnie nationale capverdienne pour 1,3 million d’euros, à raison de 36% et 15% de parts respectives.

Selon le Premier ministre, la décision du gouvernement de reprendre le contrôle de CVA est motivée par le fait que l’actionnaire majoritaire ne prévoirait pas une injection de fonds dans la compagnie « dans un avenir proche », afin de garantir la pérennité des opérations de l’entreprise. Ulisses Correia e Silva invoque également « non-respect de certaines clauses de l’accord établi en mars 2019 », prévoyant notamment une renégociation avec les créanciers de la compagnie y compris le groupe Loftleiðir Icelandic, qui est également un fournisseur d’avions pour sa filiale capverdienne.

Comme toutes les compagnies aériennes à travers le monde, Cabo Verde Airlines qui emploie 300 personnes, a subi de plein fouet la crise provoquée par la pandémie de Covid-19, restant en arrêt d’activités pendant 15 mois suite aux mesures de confinement et de restriction des voyages. Et dans une économie dépendante du tourisme -qui représente environ 22% du PIB- le gouffre provoqué était davantage profond.

Ce projet de renationalisation de CVA est appuyé par une partie de la classe politique. « Le gouvernement a tout notre soutien », déclaré Luís Carlos Silva du MpD (parti politique important au pouvoir entre 1991 et 2001) lors d’une sortie médiatique. « Nous partons toujours du principe que le gouvernement doit tout faire pour sauver la CVA et les emplois », a-t-il ajouté, soulignant que la compagnie aérienne nationale représente un élément clé pour l’implémentation de la vision stratégique du Cap-Vert de devenir un hub aérien dans la région.

Interrogé par la presse locale, Loftleidir s’est dit disposé à tout faire pour qu’une solution arrangeant les deux parties soit trouvée.

La sauvegarde de CVA est d’autant plus importante que le gouvernement mise sur l’été 2021 et plus généralement le second semestre de l’année pour faire redécoller son secteur du tourisme, au moment où une frange importante des touristes européens, friands de cette destination ouest-africaine, a accès au vaccin contre la Covid-19.

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