Cyber Africa Forum : innover et mutualiser les efforts pour sécuriser le cyberespace africain

La première édition du Cyber Africa Forum a tenu ses promesses : des intervenants et des experts émérites et une thématique centrale aux multiples enjeux que doit relever le continent pour sécuriser son cyberespace.

Pour une première édition, le Cyber Africa Forum, tenu le 7 juin dans la métropole ivoirienne Abidjan, a été réussi haut la main. Organisée par l’expert en cybersécurité Franck Kié, en partenariats avec des acteurs tels que Huawei, Deloitte, MTN ou encore Ecobank, l’événement avait pour objectif de mettre la sécurité informatique au cœur des enjeux de l’Afrique et d’aboutir à des avancées concrètes tant en matière de régulation qu’en matière de stratégie des entreprises.

Un évènement à dimension panafricaine

« Pour garantir à ses écosystèmes économiques une croissance sécurisée, la Côte d’Ivoire s’est très rapidement saisie des enjeux de cybersécurité, en mettant en place un cadre législatif adéquat. Dans cette veine, une loi sur la protection des données personnelles a été votée en 2013, ainsi qu’une autre sur les transactions numériques, tandis que l’Ecole africaine des technologies forme chaque année – depuis 2007 – 170 ingénieurs. C’est dans cet esprit que les autorités ivoiriennes, que je représente, ont tout naturellement soutenu la tenue du Cyber Africa Forum. Un événement moteur, qui favorise l’indispensable identification et compréhension des risques économiques liés à la cybersécurité », a commenté le parrain de l’événement, Roger Adom, ministre de l’Economie numérique et de l’innovation de Côte d’Ivoire.

A ses côtés, des intervenants prestigieux, parmi lesquels, Said Oumar Koulibaly, ministre des Postes, des télécommunications et de l’économie numérique de Guinée ; Dr Zouli Bonkoungou, Commissaire des Télécommunications et des technologies de l’information de la CEDEAO ; Philippe Wang, vice-président exécutif de Huawei Northern Africa ; Stanislas Zeze, PDG de Bloomfield Investment Corporation ; Tomisin Fashina, directeur exécutif en charge des Opérations et technologies du Groupe Ecobank, ou encore Eloge Beonao, directeur des Systèmes d’information de MTN Côte d’Ivoire.

Les différents panels de cet évènement à dimension panafricaine ont permis de recentrer le débat sur l’épineuse question de cybermenace, tout en mettant en avant les dynamiques, pratiques et engagements en matière de cybersécurité sur le continent : la transformation digitale des économies à l’heure de la menace cyber ; l’affirmation de stratégies nationales et sous-régionales en matière de cybersécurité, ainsi que l’innovation en matière de prévention et de protection contre les cybermenaces.

Mutualiser les efforts face à une menace mondiale

« Face aux risques induits par les nombreux projets de transformation digitale amorcés par plusieurs pays d’Afrique, les problématiques de sécurité informatique sont plus que jamais une priorité de sécurité nationale. Il est en ce sens important de développer un modèle africain en matière de cybersécurité. Les initiatives en la matière doivent découler d’une réelle volonté politique susceptible d’impulser le déblocage de budgets d’ampleur qui, en atteignant les organisations publiques comme privées, favorisent la naissance d’écosystèmes informatiques plus sûrs », a déclaré Said Oumar Koulibaly.

Intervenant sur le volet de la coopération intra-continentale, Dr Zouli Bonkoungou, a rappelé que « la CEDEAO a mis en place un agenda de la cybersécurité qui reflète l’importance que revêtent ces enjeux pour les pays membres de la communauté. Cette initiative va contribuer à sécuriser le processus de transformation digitale sur le continent, et aider les Etats membres de la CEDEAO à sécuriser leur cyber espace ».

Pour Philippe Wang, il est primordial d’accompagner le continent dans sa transformation digitale avec tous les défis que cela engendre. « C’est avec fierté et sans hésitation aucune que Huawei s’est investi dans le projet qu’est le Cyber Africa Forum. Nous accompagnons et conseillons les nations d’Afrique de l’Ouest dans le développement et la sécurisation de leurs écosystèmes numériques, en restant fidèles aux règlementations édictées par ces dernières, leur garantissant ainsi une indépendance totale ».

Franck Kié, organisateur et Commissaire général de cet évènement qui a regroupé pas moins de 300 participants, n’a pas manqué de préciser que « la marche vers le développement qu’a adopté le continent ne pourra aboutir si les enjeux de sécurité informatique ne sont pas pris en compte ». Egalement expert en cybersécurité, Kié a rappelé que le Cyber Africa forum a finalement réussi à «  à apporter sa pierre à l’édifice, en réunissant les acteurs qui font les économies africaines autour des problématiques de cybersécurité, le temps d’une journée. Nous sommes particulièrement fiers par le succès rencontré par cette première édition, qui sera sans doute aucun reconduite en 2022. Nous en sommes convaincus : en protégeant les écosystèmes économiques du continent, la sécurité informatique peut l’accompagner vers l’avenir prospère qui lui est assurément promis ». Rendez-vous donc dans une année pour remettre à jour le débat autour d’une problématique qui va désormais de pair avec la sécurisation de l’avenir des économies du continent.

Source Correspondant

Challenges Radio

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